Pie-grièche méridionale

Lanius meridionalis - Southern Grey Shrike

Systématique
  • Ordre
    :

    Passériformes

  • Famille
    :

    Laniidés

  • Genre
    :

    Lanius

  • Espèce
    :

    meridionalis

Descripteur

Temminck, 1820

Biométrie
  • Taille
    : 25 cm
  • Envergure
    : 30 à 34 cm.
  • Poids
    : 55 à 93 g
Longévité

6 ans

Distribution

Distribution

Description de la famille

Les Laniidés sont des passereaux de taille petite à moyenne, au corps allongé, à ailes arrondies et à queue longue. Le plumage est dans des tons discrets de brun, gris ou noir, mais inclut toujours du blanc. Le bec est fort et crochu à son extrémité. Comme chez les Falconidés, il possède d... lire la suite

Description identification

Chez le mâle adulte, le masque facial part des lores. Il trace un trait fin juste au-dessus et en-dessous de l'œil puis il s'élargit sur les couvertures auriculaires. Le sourcil blanc est assez étroit mais il est nettement visible et il se développe parfois jusqu'au dessus du bec. Les parties supérieures sont gris-plomb foncé, pâlissant légèrement sur le croupion et les sus-caudales. Les scapulaires blancs tranchent nettement avec le noir du dos et des ailes. La queue est noire avec une large bordure blanche. Trois paires extérieures de rectrices ont des terminaisons blanches. La paire la plus externe a une base noire et une large pointe blanche dont la longueur dépasse les 5 centimètres. Les ailes sont noires avec une tache blanche confinée à la base des primaires. Les secondaires et les tertiaires sont également liserées de blanc. Les parties inférieures sont habituellement teintées de rose vineux. Le menton, les côtés du cou et la zone anale sont blanchâtres. Le dessous de la queue est blanc.
Presque jamais, la femelle ne peut être distinguée du mâle. Toutefois son plumage peut être en moyenne moins blanc et elle affiche parfois quelques barres noires sur le dessous. Les juvéniles sont semblables aux adultes, mais le masque facial est brun foncé et les lores partiellement blancs. Les parties supérieures sont plus pâles, plus brun grisâtre. Les parties inférieures sont grisâtres avec une nuance rose-chamois et quelques légères vermiculures. La gorge et les côtes du cou sont blancs.
Chez les adultes, le bec et les pattes sont noires, les iris sont brun foncé.

Indications subspécifiques 11 Sous-espèces

  • Lanius meridionalis meridionalis (Spain to India, n Africa)
  • Lanius meridionalis koenigi (Canary Is.)
  • Lanius meridionalis algeriensis (coastal nw Africa)
  • Lanius meridionalis elegans (ne Mauritania and nw Mali to ne Sudan, Egypt and sw Israel)
  • Lanius meridionalis leucopygos (c and s Mauritania to s Chad and c Sudan)
  • Lanius meridionalis aucheri (ec Sudan to nw Somalia nw to Iraq and Iran)
  • Lanius meridionalis jebelmarrae (Darfur. w Sudan.)
  • Lanius meridionalis theresae (s Lebanon and n Israel)
  • Lanius meridionalis buryi (Yemen)
  • Lanius meridionalis uncinatus (Socotra)
  • Lanius meridionalis lahtora (Pakistan through c India and s Nepal to w Bangladesh)

Noms étrangers

  • Southern Grey Shrike,
  • Alcaudón real,
  • Picanço-real,
  • Mittelmeerraubwürger,
  • Sivatagi őrgébics,
  • Cредиземноморский cорокопут,
  • 南灰伯劳,
  • Iberische Klapekster,
  • Averla meridionale,
  • Sydlig varfågel,
  • Krattvarsler,
  • dzierzba śródziemnomorska,
  • strakoš prieložný,
  • ťuhýk pustinný,
  • Sydlig Stor Tornskade,
  • etelänisolepinkäinen,
  • ,
  • ミナミオオモズ,

Voix chant et cris

La différence de voix entre la Pie-grièche grise (excubitor) et la pie-grièche méridionale (meridionalis) est très difficile à saisir, d'autant que chaque espèce possède de multiples races. Les notes qui composent le chant bref de ces 2 oiseaux sont sensiblement similaires. Néanmoins, certains cris sont quelque peu différents : le cri de contact ou d'excitation de la race nominale de la pie-grièche méridionale est plus doux, plus musical que le sifflement de la race nominale de la Pie-grièche grise. La race pallidirostris émet des cris qui sont également différenciables de ceux d'excubitor.

Habitat

Comme son nom le suggère bien, cette pie-grièche est un oiseau des contrées chaudes, arides et méridionales de l'hémisphère nord. Elle niche dans les zones de climat méditerranéen, désertique et parfois même tropical (en ce qui concerne la race lahtora). Elle fréquente des types d'habitats ouverts dotés de grands arbres ou de buissons épineux dans lesquels elle peut dissimuler son nid. Dans le sud de la France, la race nominale peut nicher dans une grande variété de sites qui peuvent être brièvement passés en revue : on les trouve dans les garrigues ouvertes, les broussailles dominées par les chênes qui poussent sur des sols calcaires et dans les zones montagneuses bien exposées situées généralement en-dessous de 1000 mètres. Tous ces espaces comportent une part importante de sols nus ou d'herbes rases qui ne conservent leur convenance que s'ils continuent à être broutés par les troupeaux de moutons. En Camargue et dans la Crau sèche, la pie-grièche niche dans des étendues sableuses ou caillouteuses colonisées par les buissons. L'espèce vit aussi dans des milieux intensément cultivés tels que les vignes à condition qu'elle y trouve quelques arbres et par dessus tout des pâtures riches en insectes, des jachères et des friches. Les races d'Afrique du Nord (algeriensis et elegans) résident dans des lieux qui s'apparentent à des déserts, avec des sols sableux parsemés de buissons épineux du genre Zizyphus. La race leucopygos vit dans n'importe qu'elle sorte de désert pourvu d'épineux et d'acacias. La race pallidirostris, appelée également pie-grièche des steppes, fréquente les zones arides et pénètre localement dans la zone tempérée. On la trouve principalement dans les collines sableuses sur lesquelles poussent des buissons de tamarix. Cette race, comme celles d'Afrique du Nord, peut être confinée dans les oasis ou dans les buissons qui croissent le long des rivières.

Comportement traits de caractère

La pie-grièche méridionale est plus discrète que la Pie-grièche grise car elle habite des types d'habitats pourvus de buissons bas qui sont plus propices au camouflage et à la dissimulation. Toutefois, quand elle parade, elle se met bien en évidence sur les plus hautes branches d'un buisson ou même à une hauteur supérieure à 5 mètres dans un grand arbre ou sur un fil électrique. Cette espèce est réputée pour sa grande prudence et pour la grande difficulté qu'éprouvent les visiteurs à l'approcher. Certaines races du désert sont pourtant incroyablement familières et se laissent approcher à une distance de bras comme de nombreux laniidés africains.

Au début de la saison de reproduction, les oiseaux de la race nominale se postent à la limite de leur territoire, lancent des vocalises et se révèlent particulièrement démonstratifs. Leurs chants peuvent être entendus surtout le matin et le soir. Des cris rudes rappelant ceux des jeunes quand ils réclament leur nourriture sont également fréquents. Dans ce dernier cas, la plupart du temps, les cris sont délivrés par 2 mâles qui se font face. Pendant la formation des couples, les mâles et les femelles émettent des cris doux pour garder le contact et adoptent une posture très rectiligne. Des vols circulaires, semi-circulaires ou en forme de 8 sont entrepris au-dessus du territoire à la fin de l'hiver ou au début du printemps. Les conflits territoriaux et les disputes entre mâles voisins semblent être plus courants que chez la Pie-grièche grise.

La taille du territoire dépend de la sous-espèce et de la structure de l'habitat. Chez la race nominale meridionalis, il est parfois petit, ne dépassant pas les 10 hectares, mais souvent il mesure de 15 à 25 ha, que ce soit pour les couples nicheurs ou les individus solitaires de la période hivernale. En Asie Centrale et en Afrique du Nord, les territoires dépassent rarement les 10 ha, alors que la moyenne atteint 62 hectares pour les oiseaux de la race aucheri dans le désert du Néguev. La densité ne dépend pas toujours de l'importance des ressources : dans une région supposée très favorable, le nord-ouest de l'Espagne, le territoire a la même superficie (100 ha) que dans la Crau, au sud de la France. Dans certains habitats particuliers, comme les plantations de palmiers, les îles, les parcelles de pistachiers, les populations peuvent être relativement importantes, atteignant parfois une dizaine de couples par kilomètre carré. Les mâles montrent une grande fidélité pour leurs sites, ils peuvent même passer toute leur vie sur le même territoire comme c'est le cas en France, en Espagne et en Israël. Les femelles s'éclipsent à la fin de la période de reproduction et elles occupent rarement le même lieu au printemps suivant. Contrairement à ce qu'on avait cru à un moment, les couples de la race nominale ne restent pas ensemble en hiver et le lien conjugal ne se reforme pas automatiquement au début de la saison suivante.

Les techniques de chasse sont semblables à celles de la Pie-grièche grise mais le vol stationnaire est pratiqué moins couramment. Comme les pies-grièches écorcheurs, les pies-grièches méridionales choisissent des perchoirs à 2-3 mètres au-dessus du sol. Les petits vertébrés sont régulièrement empalés sur des épines mais cette technique est moins utilisée pour les arthropodes car ceux-ci sont plus nombreux et plus disponibles toute l'année dans les zones chaudes. En Israël, le choix d'un partenaire est très influencé par la taille des garde-mangers. Le succès de la reproduction est augmenté en cas de caches ou de stocks copieux.

La plupart des races sont sédentaires. Certaines populations de la race pallidirostris sont toutefois des migrateurs de longue distance. Des mouvements de faible ampleur ont également été décelés chez les races du désert et chez la race nominale. Ces courts déplacements n'ont pour l'instant pas reçu d'explications.

Alimentation mode et régime

Les petits vertébrés et particulièrement les petits reptiles jouent un rôle essentiel dans la diète. Comme elles sont moins abondantes dans les paysages désertiques que dans les prairies, les musaraignes forment un pourcentage moins important que chez la Pie-grièche grise. Les passereaux constituent un ingrédient occasionnel mais les arthropodes y compris les araignées sont des proies courantes pendant toute l'année. Dans la Crau sèche, on a pu se faire une idée assez précise du menu grâce aux pelotes de réjection recueillies et analysées : au vu de cette étude, les insectes et en particulier les coléoptères constituent près des 2/3 du régime. Les vertébrés représentent environ 20% de la biomasse. Les souris sont capturées surtout en novembre et les petits oiseaux en avril, juin, juillet et décembre. Les reptiles constituent des proies de choix en octobre, les grenouilles et les amphibiens en juin. Les oiseaux du désert sont obligés d'adapter leur menu à leur environnement. Ils attrapent donc des gerbilles (Meriones), des gerboises (Jaculus) et des passereaux de petite taille. Les insectes, en particulier les ténébrionidés, constituent toutefois la partie la plus conséquente du régime.

Reproduction nidification

Pour la race méridionalis, la saison de nidification en Espagne commence aussi tôt que la mi-janvier lorsque les femelles commencent à visiter le territoire des mâles sédentaires. Un laps d'un mois peut s'écouler entre la première offrande rituelle de nourriture et la construction du nid. Les premiers œufs sont déposés à la fin du mois de février. A la fin du mois de mars, près de la moitié des pontes ont déjà eu lieu. Dans le sud de la France, peu de couples pondent avant la fin mars, la plupart des couvées interviennent plutôt entre la mi-avril et le mois de mai. La saison se prolonge jusqu'en juillet. En cas d'échec, les nichées de remplacement sont fréquentes. Les véritables secondes couvées sont prouvées en Espagne, mais pas en France. Le pourcentage de couples concernés par ces dernières n'est pas connu. Dans la Crau, la distance entre 2 nids varie de 25 à 300 mètres. Les autres-pies-grièches méridionales élèvent généralement 2 couvées comme c'est le cas en Afrique du Nord où les pontes s'échelonnent du mois de février à début juillet. Dans le désert du Néguev, les deuxièmes pontes sont monnaie courante, elles sont éventuellement suivies par des troisièmes et quatrièmes pontes qui impliquent environ 10% des couples. Dans cette dernière région, la saison s'étale de janvier à août. En Asie Centrale, les oiseaux de la race pallidirostris déposent une ponte dans la partie nord de l'aire puis deux nouvelles pontes dans la partie sud où près de 30% des mâles sont sédentaires. Dans le sud de la France, les oiseaux de la race nominale méridionalis placent leurs nids à une hauteur à peine supérieure à un mètre. Ils sont généralement dissimulés dans un buisson épineux ou dans un petit arbre du même genre. Dans les paysages de garrigue, les ronces, les chênes les genévriers et les poiriers à feuille d'amandier (pyrus amygdaliformis) ont la faveur de ces oiseaux. Occasionnellement, ils utilisent des nids de pie abandonnés. En Espagne, les pies-grièches nichent principalement dans les chênes entre 1,3 et 5 mètres au-dessus du sol. Les autres races se reproduisent prioritairement dans les buissons bas tels que les jujubiers en Afrique du Nord et les saxaouls en Asie Centrale. Au Turkmenistan, en l'absence de buissons, ces oiseaux nichent parfois sur des pylônes. Le nid de la race nominale rappelle par bien des aspects un nid de Merle noir (Turdus merula). C'est une structure massive dans le diamètre mesure 16 cm et la profondeur 12 et demi. Généralement, il a un dimension inférieure à celui de la Pie-grièche grise, il est construit avec des matériaux secs disponibles localement.

La race nominale pond en moyenne 5 ou 6 œufs, que ce soit en Espagne ou dans le sud de la France. Les couvées de remplacement ne contiennent que 3 œufs. Les races nord-africaines déposent entre 3 et 7 unités par nichée pendant la saison qui est relativement longue. La productivité (4,6 œufs/nid) est apparemment moindre qu'en Europe. Chez la race méridionalis, l'incubation dure 17 ou 18 jours et les petits quittent le nid environ 19 jours après l'éclosion. En Espagne, la période de dépendance des oisillons est estimée à 39 jours.

Distribution

La pie-grièche méridionale possède une très vaste aire de distribution qui s'étend d'ouest en est de la péninsule ibérique jusqu'au Kazakhstan, au nord-ouest de l'Inde et à la Mongolie en passant par l'Afrique du Nord et par le Sahel. 11 races sont officiellement reconnues : L.m. meridionalis (péninsule ibérique, sud de la France et particulièrement le Languedoc-Roussillon) - L.m. algierensis (Afrique du Nord, de la Mauritanie jusqu'à la Cyrénaïque) - L.m. koenigi (îles Canaries) - L.m. elegans (nord et centre du Sahara, Sud Tunisie, Lybie, Egypte, côtes de la mer Rouge jusqu'à Port-Soudan) - L.m.l eucopygos (Sahel, de la région de Tombouctou au Mali jusqu'au Darfour au Soudan) - L.m. aucheri (Erythrée, Nord Ethiopie, péninsule arabique, Israël, Syrie, Iraq, Iran) - L.m. theresae (Galilée et Sud Liban) - L.m. buryi (Yemen) - L.m. unicinatus (Socotra) - L.m. lahtora (Est Pakistan jusqu'au Népal, en Inde, Bihar et Bengale Occidental) - L.m. pallidirostris (de la vallée de la basse Volga et des régions de la Caspienne jusqu'en Mongolie et au désert de Gobi en passant par l'Afghanistan et le nord du Pakistan).

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

Il existe peu de renseignements sur la récente évolution de cette espèce. En Espagne, elle est commune et la population nicheuse dépasse les 200 000 couples. Dans le sud de la France, on compte près de 1 500 couples. La race des Canaries est estimée entre 1000 et 1 500 paires. Aux Emirats Arabes Unis, la population varie entre 5000 et 10 000 couples de la race aucheri. Cette espèce n'est pas considérée comme menacée.

Iconographie

plus de photos

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 13/09/2010 par Daniel Le-Dantec © 1996-2017 Oiseaux.net