Pie-grièche migratrice

Lanius ludovicianus - Loggerhead Shrike

Systématique
  • Ordre
    :

    Passériformes

  • Famille
    :

    Laniidés

  • Genre
    :

    Lanius

  • Espèce
    :

    ludovicianus

Descripteur

Linnaeus, 1766

Biométrie
  • Taille
    : 22 cm
  • Envergure
    : 28 à 32 cm.
  • Poids
    : 35 à 50 g
Longévité

12 ans

Distribution

Distribution

Description de la famille

Les Laniidés sont des passereaux de taille petite à moyenne, au corps allongé, à ailes arrondies et à queue longue. Le plumage est dans des tons discrets de brun, gris ou noir, mais inclut toujours du blanc. Le bec est fort et crochu à son extrémité. Il possède deux dents subterminales à s... lire la suite

Description identification

Chez le mâle adulte, le masque facial couvre la base du bec et les lores. Il forme un petit filet noir juste au-dessus et en dessous de l'œil puis il s'élargit considérablement sur les couvertures auriculaires. Le fin sourcil blanchâtre est à peine visible. L'ensemble des parties supérieures est gris-ardoise de la nuque jusqu'au bas du dos, devenant plus pâle sur le croupion et les sus-caudales. Les scapulaires sont blancs formant un "V" très net et très contrasté sur le dos. La queue est noire avec des bordures blanches. Les rectrices ont des terminaisons blanches hormis la paire centrale. Les ailes sont noires avec une tache blanche au niveau des couvertures primaires. Les filets intérieurs des primaires, secondaires et tertiaires sont tachés de blanc. Les parties inférieures blanchâtres sont nuancées de gris pâle sur les flancs et affichent de légères vermiculures sur la poitrine. Le dessous de la queue est blanchâtre avec une pointe noire.

Chez la femelle, le masque facial est brun. Le dessous est plus grisâtre et plus régulièrement vermiculé. Dans certaines régions, elle est plus petite et ses primaires sont plus brunes. Les juvéniles ont un masque brun foncé. Le capuchon est gris brunâtre, le manteau et le haut du dos sont gris-olive alors que le croupion et les sus-caudales sont gris terne ou couleur argile. L'ensemble des parties supérieures est plus ou moins vermiculé. Les scapulaires sont chamois clair, la queue est noire avec des terminaisons chamois cannelle. Les ailes sont noires et la tache des primaires est déjà perceptible. La poitrine et les flancs sont gris brunâtre avec d'abondantes vermiculures, le reste des parties inférieures est blanc. Des barres fuligineuses ornent souvent le côté de la gorge. Le dessous de la queue est entièrement blanc.

Indications subspécifiques 7 Sous-espèces

  • Lanius ludovicianus ludovicianus (coastal se USA)
  • Lanius ludovicianus excubitorides (c Canada, c and w USA)
  • Lanius ludovicianus migrans (e North America)
  • Lanius ludovicianus anthonyi (Channel Is.. off s California, sw USA.)
  • Lanius ludovicianus mearnsi (San Clemente I.. off s California, sw USA.)
  • Lanius ludovicianus grinnelli (extreme s California. sw USA. and n Baja California (nw Mexico))
  • Lanius ludovicianus mexicanus (w and c Mexico, s Baja California. nw Mexico.)

Noms étrangers

  • Loggerhead Shrike,
  • Alcaudón americano,
  • Picanço-americano,
  • Louisianawürger,
  • indiángébics,
  • Amerikaanse Klapekster,
  • Averla stolida,
  • Amerikansk törnskata,
  • Amerikavarsler,
  • strakoš čiernokrídly,
  • ťuhýk americký,
  • Amerikansk Tornskade,
  • amerikanisolepinkäinen,
  • botxí americà,
  • dzierzba siwa,
  • kašķīgā čakste,
  • Американский жулан,
  • アメリカオオモズ,
  • 呆头伯劳,
  • 呆頭伯勞,

Voix chant et cris

Pie-grièche migratrice
adulte

Le chant consiste en une double ou triple note qui est parfois alternée avec des gazouillements doux, ce qui le rend plus musical. Les notes varient en rythme, en hauteur et en qualité. elles ne sont guère éloignées de celles de la Pie-grièche grise (Lanius excubitor) ou de celles de la Pie-grièche méridionale (Lanius méridionalis) mais elles ne comprennent aucune imitation d'autres espèces. Le cri de reconnaissance compte 4 à 10 notes énergiques qui diminuent progressivement en intensité, les premières notes étant plus courtes et plus aiguës que les dernières. Pendant les parades, ce cri peut être plus métallique. Lorsqu'un intrus est en vue, la pie-grièche migratrice peut émettre un "bzeek bzeek" assez rude.

Habitat

Les pies-grièches migratrices sont surtout des oiseaux des climats tempérés mais on les trouve aussi dans les zones tropicales et même dans les régions désertiques. Les régions de climat subarctique et de climat montagnard rude sont généralement proscrites. Ces oiseaux vivent habituellement dans les plaines basses ou dans les collines à faible inclinaison. Il leur arrive parfois de séjourner près des fermes dans les montagnes assez élevées mais en principe ils restent en-dessous de 2000 mètres. Les pies-grièches migratrices fréquentent les contrées semi-ouvertes avec des herbes rases ou même des sols nus pourvu qu'il y ait des petits arbres ou des buissons épineux répartis de façon très clairsemée. On peut en fait les trouver dans de nombreuses sortes de paysages plats avec une grande variété de plantes. Dans de nombreuses régions, sa présence coïncide avec un pourcentage élevé de terres agricoles où les pâtures pour bétail, les perchoirs tels que les broussailles, les poteaux de clôture et les fils électriques sont abondants. Les pies-grièches migratrices nichent également dans les vergers, les rangées de haies qui bordent les champs, les friches agricoles dotées de buissons d'aubépine et les lisières de bois. Elles apprécient aussi les pelouses des habitations, les parcours de golf, les cimetières et les bords des routes dont les fossés sont régulièrement élagués. Dans l'ouest des Etats-Unis, cette pie-grièche peut souvent être associée avec les zones semi-arides d'armoise, les broussailles rabougries et les zones boisées de pins-pignons. Une étude détaillée réalisée dans le Minnesota montre que 37% des nids sont situés près d'un champ cultivé, 45% dans un habitat herbeux et 18% dans une pâture.

Comportement traits de caractère

Ces pies-grièches sont très facilement observables car elles se tiennent généralement bien en vue sur une grande variété de perchoirs, y compris les lignes électriques et les poteaux télégraphiques le long des autoroutes. Cependant, dans certains types d'habitats, en particulier à l'approche de la saison de nidification, ces oiseaux deviennent très discrets par exemple dans les paysages dominés par les armoises. Au printemps, leurs cris stridents trahissent leur présence et accompagnent souvent des parades au cours desquelles ils agitent doucement les ailes, déploient la queue en éventail et délivrent souvent des cris semblables aux sollicitations des poussins. Ces parades sont destinées principalement aux éventuels intrus et sont effectuées habituellement en bordure du territoire. Ces visiteurs non désirés répliquent par une série de parades pour impressionner le propriétaire. Il n'y a pas d'affrontements, le premier lassé quitte les lieux et laisse la voie libre à celui qui est le plus endurant. Cette parade ne doit pas être confondue avec une sorte de danse qui est accomplie pendant la formation des couples. Avant l'accouplement, les femelles accomplissent la parade des ailes et sollicitent des offrandes de nourriture de la part de leur partenaire. Les pies-grièches migratrices effectuent également des vols zigzagants avec des ondulations verticales. Des regroupements temporaires peuvent avoir lieu comme chez les pies-grièches grises d'Europe.

La taille des territoires varie considérablement en fonction de la structure et de la qualité de l'habitat, ils mesurent de 6 à 20 hectares. Dans les habitats semi-désertiques, ils peuvent même atteindre plus de 30 hectares. En été et en hiver, les zones d'influence ont quasiment la même taille. Par contre, les densités changent : deux nids ne sont jamais rapprochés de moins de 80 mètres. La distance est généralement plus importante et varie habituellement de 150 à 800 mètres. Néanmoins, des sortes de "colonies" se forment parfois le long de vieilles routes désaffectées. Les couples sédentaires entretiennent leur territoire pendant toute l'année, s'ils se séparent, ils en occupent un différent mais assez proche de l'ancien. Les couples migrateurs semblent assez fidèles à leurs sites de nidification, le mâle plus casanier jouant apparemment un rôle primordial dans la conservation du site.

La plupart des proies sont capturées à terre après un vol d'attaque qui est souvent inférieur à 10 mètres. Les pies-grièches migratrices choisissent généralement des perchoirs situés entre 2 et 10 mètres de hauteur. Parfois, elles pratiquent le vol stationnaire pour mieux repérer leurs victimes . La technique des lardoirs est couramment utilisée pour le stockage des proies. Ces garde-mangers sont souvent dissimulés à l'intérieur des feuillages. Les réserves de nourriture sont souvent très temporaires car les couples y puisent abondamment pendant la période où ils élèvent les petits.

Ces pies-grièches sont des migrantes partielles. Les populations du nord quittent leur site de nidification au début de l'automne alors que celles du sud sont sédentaires. On estime que les oiseaux qui vivent dans des régions où la couverture neigeuse dure entre 10 et 30 jours par an sont obligées de migrer vers le sud. Les parcours comprennent parfois de très longues distances (maximum 2500 km). En Ontario, la plupart de oiseaux migrent à la mi-septembre et reviennent au début du mois d'avril. Au Wisconsin, le départ s'effectue vers le 15 septembre, le retour vers le 17 mars.

Alimentation mode et régime

Les pies-grièches migratrices consomment moins de petits vertébrés que leur cousine la Pie-grièche grise, si bien qu'elles ont une réputation moins "sanguinaire". Toutefois, elles capturent une grande variété de souris, de lézards, d'amphibiens, de petits oiseaux (parulines, roselins et troglodytes de rochers). Les proies les plus importantes en taille sont les serpents et les tourterelles tristes (Zenaida macroura). Les vertébrés sont plus fréquents en hiver lorsque les arthropodes viennent à manquer. Ces derniers sont toutefois capturés en grand nombre pendant toute l'année. Les insectes les plus courants sont dans l'ordre : les coleoptères, les orthoptères et les hyménoptères. Les araignées, les escargots terrestres et les crevettes ne sont pas oubliés. Les pies-grièches migratrices ne sont pas de véritables "nettoyeurs", mais ils consomment parfois des charognes. Ils s'accommodent des restes laissés par les buses et les rapaces ou plus rarement ils se nourrissent sur les carcasses de moutons morts.

Reproduction nidification

Chez les couples sédentaires du sud de l'aire, le mâle et la femelle restent ensemble pendant l'hiver, si bien que la reproduction est plus précoce et commence dès les premiers signes de réchauffement, parfois dès le 15 février. Dans les zones de montagnes ou à des latitudes supérieures, la saison débute plus tard, par exemple en Ontario entre la fin avril et le début du mois de mai. Sur l'ensemble du vaste territoire, la saison s'étale du 15 février jusqu'au mois de juillet, avec une pointe entre la mi-mars et la mi-juin. Les pontes de remplacement sont fréquentes, presque tous les couples en faisant au moins une. Certains couples accomplissent de nombreuses tentatives après de multiples échecs. Des secondes pontes "normales" peuvent intervenir, mais elles dépendent beaucoup des ressources et des conditions climatiques locales. En Floride, elles sont nombreuses alors qu'en Caroline ou plus au nord au Minnesota, elles ne représentent pas plus de 10% des cas. Les secondes pontes sont déposées dans des nids différents de la nichée initiale. On ne sait pas exactement qui du mâle ou de la femelle choisit l'emplacement du nid. Les 2 partenaires recueillent ensemble les matériaux mais la femelle est plus impliquée dans la réalisation de la structure qui met 7 à 12 jours avant d'être achevée. Les matériaux d'un ancien nid peuvent être utilisés. Parfois, la femelle superpose la nouvelle structure sur une construction ancienne ou un ancien nid de moqueur. Il n'est pas rare que le nouveau nid soit bâti à l'intérieur d'un nid de pie (Pica pica). Les pies-grièches choisissent des arbres ou des buissons, de préférence des épineux qui procurent une excellente protection. Dans les pâtures, les aubépines, les thuyas, les orangers des osages ont la priorité. La hauteur du nid par rapport au sol dépend beaucoup de la taille des arbres présents. Dans l'ouest, où les armoises sont dominants, les nids sont placés en moyenne à 0,79 m, soit à peu près à mi hauteur de la végétation. Dans de nombreux états, ils sont situés de 2 à 4 mètres, mais on possède des exemples où les nids ont été observés à plus de 10 mètres au-dessus du sol. Ces derniers sont relativement massifs si on regarde la taille des oiseaux. Ils mesurent 15 cm de diamètre et environ 11 centimètres de profondeur. Ils sont fabriqués avec des brindilles fermement entremêlées et liées avec des racines et des fibres. L'intérieur est garni de fleurs, de crin, de plumes et parfois de mousses.

La pie-grièche migratrice pond de 5 à 6 œufs. Comme chez la Pie-grièche grise, la taille des pontes varie selon la latitude, celles du nord étant plus conséquentes. Assez curieusement, à la même latitude, la date de reproduction n'exerce aucune influence sur la taille de la couvée. Les premières et les secondes couvées sont également de taille égale. La femelle couve seule pendant 15 à 17 jours. Les petits quittent le nid de 16 à 20 jours après l'éclosion.

Les nids de pie-grièche migratrice sont parfois parasités par les vachers à tête brune (Molothrus afer). Le succès du parasitage est assez limité car les 2 espèces ont des périodes d'incubation assez différentes. Les jeunes vachers éclosent entre 11 et 12 jours. On a pourtant trouvé des nids contenant 3 jeunes pies-grièches et 1 jeune vacher.

Distribution

La pie-grièche migratrice est originaire du continent nord-américain. Son aire de nidification couvre certaines régions du sud du Canada ainsi qu'une grande majorité des Etats-Unis, excepté les états du nord-est et certaines zones inhabitables des montagnes Rocheuses. Cette espèce niche également dans la Baja et dans une grande partie du Mexique jusqu'aux alentours de Mexico. La classification des différentes races est assez complexe en raison des faibles différences dans la couleur du plumage et dans les données biométriques. Il n'existe pas véritablement de méthode infaillible pour les distinguer les unes des autres, d'autant qu'à l'intérieur d'une même race, il peut y avoir des variations sensibles. Quoiqu'il en soit, pour l'instant et avant une éventuelle réorganisation de l'espèce, on reconnaît officiellement 8 races : L.l. ludovicianus (sud-est des Etats-Unis, du Texas et de la Louisiane jusqu'aux Appalaches débordant peut-être sur le nord de la Caroline, le centre de la Virginie et de la Floride). - L.l. migrans (Michigan, sud Ontario, Québec) - L.l. mexicanus (de l'état de Washington jusqu'au Mexique en passant par la Californie) - L.l. excubitorides (grandes plaines, de l'Alberta et du Saskatchewan en direction du sud jusqu'à Sonora en Californie et jusqu'à Corpus Christi au Texas) - L.l. miamensis (Sud Floride, sauf les Keys) - L.l. anthonyi (îles du sud-ouest de la Californie) - L.l. mearnsi (San Clemente Island, au large de la Californie) - L.l. grinelli (région de San Diego au sud-ouest de la Californie et dans la Baja).

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

Au début du XXème siècle et jusque dans les années 20, les effectifs étaient à leur apogée en Amérique du Nord. A partir de cette date, les populations ont commencé à décroître. Ce déclin, immédiatement perceptible dans la région des grands lacs, a été confirmé vers 1970 à raison de plus de 3% par an. Les pies-grièches migratrices semblent avoir disparu dans les états du nord-est des Etats-Unis. Au Canada, les couples nicheurs, désormais en petit nombre, sont confinés au sud du bouclier. Les populations qui vivent au Texas, en Louisiane, au Colorado, Montana et Dakota du Sud semblent les seules à présenter une certaine stabilité. La dégradation rapide de l'habitat et l'usage des pesticides pour l'agriculture intensive semblent être les causes principales du déclin de la pie-grièche migratrice. Toutefois, en raison de son vaste territoire, pour l'instant, elle n'est pas considérée comme menacée.

Iconographie

plus de photos

Références utilisées

Autres références utiles

QRcode Pie-grièche migratriceFiche créée le 11/09/2010 par Daniel Le-Dantec © 1996-2018 Oiseaux.net