Râle sylvestre

Gallirallus sylvestris - Lord Howe Woodhen

Systématique
  • Ordre
    :

    Gruiformes

  • Famille
    :

    Rallidés

  • Genre
    :

    Gallirallus

  • Espèce
    :

    sylvestris

Descripteur

Sclater, PL, 1870

Biométrie
  • Taille
    : 32 à 42 cm
  • Envergure
    : 49 à 52 cm.
  • Poids
    : -
Distribution

Distribution

Description identification

Cet oiseau de taille moyenne, qui ne vole presque pas, présente une queue brève, des pattes courtes et puissantes, ainsi qu'un bec court, fort et recourbé vers le bas. Son plumage est d'un brun-marron nuancé d'olive. La face possède un soupçon de sourcil et des lores légèrement contrastants. Les rémiges sont barrées de brun sombre mais cela est peu visible. L'ensemble du plumage fait très uniforme.
Les individus âgés développent des plumes blanches sur les couvertures auriculaires et parfois sur la nuque.
L'iris est rouge, le bec brun-rose et les pattes rosâtres. Les sexes sont identiques, mais la femelle est plus petite. Juvéniles et immatures ne diffèrent pas beaucoup des adultes. Les juvéniles sont plus d'un brun plus chaud et ont un bec plus court et moins coloré. Leur iris est gris, leurs pattes plus ternes.
Le Râle sylvestre est plus petit et plus trapu que le Râle tiklin.

Indications subspécifiques espèce monotypique

Noms étrangers

  • Lord Howe Woodhen,
  • Rascón de la Lord Howe,
  • Sanã-da-lord-howe,
  • Waldralle,
  • barna bozótguvat,
  • Lord Howe-ral,
  • Rallo di Lord Howe,
  • Lord Howerall,
  • Moserikse,
  • chriašteľ lesný,
  • chřástal lesní,
  • Lord Howe-skovrikse,
  • ruskoluhtakana,
  • rascló de l'illa Lord Howe,
  • wodnik brunatny,
  • Лесной пастушок,
  • ロードハウクイナ,
  • 豪岛秧鸡,
  • 森秧雞,

Voix chant et cris

Le cri territorial du Râle sylvestre ressemble beaucoup à celui du Râle wéka. C'est une série de "coo-eet" puissants, souvent émis en duos, pendant la journée et éventuellement la nuit. Les cris d'alarme sont des "brr-deep" forts et explosifs, similaires à ceux du Râle tiklin. Les cris de contact entre adultes et jeunes sont des "booom" roulés, audibles à faible distance.

Habitat

Actuellement, les Râles sylvestres occupent principalement les forêts subtropicales. Avant la colonisation de l'île Howe par les anglais, ces échassiers de taille moyenne occupaient une grande majorité de plaines à des altitudes plus ou moins élevées, mais ils étaient surtout visibles sur les crêtes les plus saillantes des montagnes jusqu'à une hauteur de 825 mètres. Ils appréciaient les forêts de mousse composées d' arbres à thé (Leptospermum), d'angiospermes (Dracophyllum) et d'éricacés (Negria). Ceux-ci se remarquaient particulièrement par leurs troncs rabougris. Les sous-bois étaient composés de fougères arboriformes, et d'une litière de feuilles.
De nos jours, les Râles sylvestres sont rétablis de nouveau dans les plaines à proximité des arbres à larges feuilles solides (banksias, grevilleas, boroniias et eucalyptus). Le long des jardins et des pâtures, on peut aussi les observer dans les figuiers et les arbres à drupes.
Les Râles sylvestres sont rares dans les forêts pluviales, bien que ces dernières représentent le type de végétation le plus répandu dans l'île. L'absence de cet oiseau dans ce genre de milieu est due vraisemblablement à la faible disponibilité de nourriture à la superficie du sol. Comme solution de rechange, les Râles sylvestres choisissent donc les versants recouverts de blocs de rochers, les éboulis que l'on trouve dans les vallées et sur les plateaux, souvent non éloignés des côtes et des falaises qui bordent les rivages.

Comportement traits de caractère

Le mâle établit un territoire qu'il défend en compagnie de sa femelle grâce à un cri commun. Pour se motiver et rendre le cri le plus efficace possible, chaque partenaire se fait face, la bouche ouverte et le bec pointé, et pousse un cri inhabituel qui peut intervenir à n'importe quel moment de l'année et à n'importe quelle heure de la journée, que ce soit de jour ou de nuit. Cette parade de dissuasion inclut également une poursuite au cours de laquelle les défendeurs grimpent parfois agressivement sur le dos des intrus. S'il y a des petits au nid, ils sont parfois défendus jusqu'au combat et les poussins peuvent être manipulés et déplacés.
Il existe également une parade nuptiale. Avant la copulation, le mâle encercle sa compagne en donnant des coups de bec et en prenant une posture courbée. Un lissage mutuel de plumes poursuit l'accouplement, il implique les 2 parents, ainsi que les juvéniles et leurs ascendants.

Alimentation mode et régime

Les Râles sylvestres se nourrissent principalement de vers de terre, de crustacés, de larves d'insectes, de gastropodes, de myriapodes, d'araignées et d'hémiptères (surtout des cigales). Les œufs de puffins, de pétrels, de volailles domestiques forment également de bonnes proies.
La partie végétale du menu est constituée de lichens, de champignons, de blecknums, de rubiacées, de tomates et de fraises. Ces oiseaux prospectent sur le plancher des sous-bois en retournant la litière avec leur long bec mais en n'utilisant par leurs pieds pour gratter.

Reproduction nidification

Les Râles sylvestres se reproduisent du mois d'août au mois de janvier. Sur une période de 18 mois, un couple réalise environ 11 couvées (rapport 1982-1983). Le nid est une dépression peu profonde posée sur le sol garni avec des herbes sèches, des fougères, de la mousse, des frondes de palmiers et des feuilles. Sa taille transversale varie de 10 à 25 cm, sa profondeur extérieure est de 7,5 cm. Sa coupe intérieure ne dépasse pas les 2,5 cm. Il est bien dissimulé dans de la végétation dense, sous les racines épaisses d'une souche d'arbre, ou plusieurs dizaines de centimètres au-dessus d'un tunnel de pétrel. En captivité, plusieurs nids d'essai ou prototypes sont réalisés, et le nid final est choisi par la femelle. Des nids plus rudes et plus solides sont également mis en œuvre par les 2 partenaires en commun.
Les Râles sylvestres sont monogames, ils établissent des liens conjugaux qui durent pendant longtemps.
Une ponte de 2 à 4 œufs est effectuée dans un délai de 24 à 36 heures. Les œufs, ovales et lisses, ont une couleur blanc brillant , avec des taches minuscules châtain clair ou gris acier. Les dimensions moyennes des œufs mesurent 50 mm X 35 et pèsent environ 29 grammes. L'incubation varie de 20 à 23 jours et ne commence que lorsque le dépôt est complet. Un relai est effectué toutes les 2 heures. Les adultes désertent le nid dès qu'il y a la moindre perturbation.
Les poussins sont précoces et nidifuges, à la moindre perturbation. Les oisillons sont soignés par les parents, mais aussi par les juvéniles des couvées précédentes. Ils se désaltèrent en autonomie dès 4 jours et ils mangent seuls à 6 jours. Ils sont totalement emplumés à 28 jours et ont leur taille complète au bout de 65. Le succès des couvées est plus grand dans les plaines que dans le mont Grower, car ils y reçoivent un repas plus substantiel et une meilleure hydratation. Les nids sont piratés principalement par les Grands réveilleurs et les rats noirs. La survie des jeunes dépend de leur disponibilité à trouver des places de nidification ou à occuper des places qui se sont libérées.

Distribution

Les Râles sylvestres sont endémiques de l'île Howe. D'une superficie de 13 kilomètres carrés, elle est située dans la mer de Tasmanie, à environ à 600 kilomètres à l'est du continent australien et dépend administrativement des Nouvelles-Galles-du-Sud. Les râles sont localisés principalement dans les montagnes du sud de Howe.

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

Le Râle sylvestre a été découvert en 1788 par les navigateurs anglais Lidgbird et Grower. À cette époque, il était très commun et très répandu notamment dans les plaines. En 1853, soit 19 ans après l'installation de la première colonie, ils étaient déjà classés en danger, les premières années de cohabitation avec les humains s'étant soldées par un véritable massacre dû à la chasse, à la prédation par des mammifères introduits comme les chats, les chiens et les cochons. L'éclaircissement des zones boisées ne s'est déroulé que sur une partie réduite de l'île, aussi n'a-t-il eu qu'un effet assez limité. Depuis 1980, environ une centaine d'oiseaux captifs ont été ré-introduits dans le milieu naturel, plus particulièrement dans les plaines et un contrôle assez sévère a été réalisé sur les différents prédateurs. Les recensements récents estiment la population à 170-200 individus, dont 40 à 50 couples reproducteurs.
Des menaces persistent cependant : les Effraies à masque (Tyto novaehollandiae, sous-espèce castanops), introduites en 1920 pour éradiquer les rats, et les Grands réveilleurs (Strepera graculina), chasseurs endémiques, constituent un sérieux danger pour les œufs et les jeunes. Des opérations de monitoring doivent être menées pour appréhender l'évolution de la population.

Références utilisées

Autres références utiles

QRcode Râle sylvestreFiche créée le 03/11/2016 par Daniel Le-Dantec © 1996-2018 Oiseaux.net