Traquet rieur

Oenanthe leucura - Black Wheatear

Systématique
  • Ordre
    :

    Passériformes

  • Famille
    :

    Muscicapidés

  • Genre
    :

    Oenanthe

  • Espèce
    :

    leucura

Descripteur

(Gmelin, JF, 1789)

Biométrie
  • Taille
    : 18 cm
  • Envergure
    : 26 à 29 cm.
  • Poids
    : 34 à 44 g
Distribution

Distribution

Description identification

Des 3 sortes de traquets qui vivent dans la péninsule ibérique (traquet rieur, Traquet motteux et Traquet oreillard), c'est indiscutablement le premier qui présente des caractères les plus facilement reconnaissables.
Chez le mâle de la race nominale, le plumage est presque entièrement noir terne, avec du blanc sur les parties les plus inférieures du dessous (à partir de l'arrière des pattes). La queue et le croupion sont blancs. La première a des rectrices centrales noires et une bande terminale uniformément noire, les 2 motifs ornementaux combinés formant un "T" sombre qui contraste remarquablement sur le fond clair. Les rémiges sont gris foncé sur le dessous des ailes. Le bec et les pattes sont noirs.
Chez la femelle adulte, le plumage affiche un teinte plus brun fuligineux. Les juvéniles ressemblent aux femelles mais en légèrement plus terne. Chez le mâle de la race syenitica, d'Afrique du Nord, la livrée est plus brune et moins brillante sur l'ensemble du corps. Les reflets lustrés sont moins évidents. La femelle est plus pâle que la femelle nominale.

Indications subspécifiques 2 Sous-espèces

  • Oenanthe leucura leucura (sw, also n Africa)
  • Oenanthe leucura syenitica (nw Africa)

Noms étrangers

  • Black Wheatear,
  • Collalba Negra,
  • Chasco-preto,
  • Trauersteinschmätzer,
  • kormos hantmadár,
  • Белохвостая каменка,
  • 白尾黑(即鸟),
  • Zwarte Tapuit,
  • Monachella nera,
  • Svart stenskvätta,
  • Svartsteinskvett,
  • białorzytka żałobna,
  • skaliarik bielochvostý,
  • bělořit černý,
  • Sørgestenpikker,
  • mustatasku,
  • ,
  • クロサバクヒタキ,

Voix chant et cris

Le chant est une brève série de phrases miaulantes, chacune durant entre 2 et 4 secondes avec des pauses intermédiaires qui peuvent excéder 5 secondes. Au début et à la fin, chaque phrase comprend un gazouillement plus rude et plus grinçant que celui du Monticole bleu (Monticola solitarius) et se retranscrit de multiples façons : "chokereu-keu-keke" ou "kro zí tero tri rö" ou encore "tlehwee tut fiu tiki-ti pleeooee". Les femelles chantent aussi parfois mais leur expression est plus rugueuse avec une tonalité qui accroche plus. Le chant nuptial comporte des ronronnements, des plaintes et des gloussements. Le chant en sourdine est un gazouillement presque continu qui dure toute l'année. Quand il est excité ou en alarme, le traquet rieur produit des "chack" tranquilles, des "chut", des "zwiir" ou des "krirr" perçants. On peut aussi entendre des "pipipipi" qui portent à longue distance.

Habitat

Les traquets rieurs fréquentent les paysages très rocheux qui sont pourvus de murs caillouteux. On peut également les observer dans les amas de pierres dispersées, sur les sols nus et dans les broussailles éparses. Ils évitent les plateaux et les surfaces planes. Ils marquent plutôt une grande prépondérance pour les gorges, les petits ravins et les cours d'eau provisoires qui ont des berges assez profondes. Ils apprécient aussi les versants des collines, les éboulis, les escarpements et les affleurements de roches.
Au bord de la mer, ils vivent dans les falaises maritimes, les hameaux abandonnés qui occupent le sommet des collines, les ruines diverses et les vieilles maisons inhabitées. Dans les régions boisées, on peut les apercevoir dans les lieux semi-ouverts, dans les semi-déserts ou sur les zones dénudées.
Les traquets rieurs vivent à des altitudes très variées, du niveau de la mer jusqu'aux montagnes. Dans le nord de l'Afrique, on les trouve à des hauteurs supérieures aux traquets à tête blanche (Oenante leucopyga). Dans l'Atlas, ils atteignent des hauteurs qui vont parfois jusqu'à 3000 mètres.

Comportement traits de caractère

Les traquets rieurs capturent en priorité leurs proies en prospectant dans les rochers et les perchoirs bas ou en volant au raz du sol. D'autres stratégies sont couramment utilisées comme des poursuites à terre qui sont des combinaisons et des mélanges de bons et d'arrachages commis de façon opportuniste. Ils creusent aussi dans le sol avec leur bec. Ils organisent des expéditions aériennes dans les feuillages.
Les traquets sont actifs pendant les périodes de pénombre et plus particulièrement au crépuscule. On présume qu'ils attrapent alors des coléoptères nocturnes (scarabées, carabes).

Alimentation mode et régime

Les traquets rieurs consomment des invertébrés. Ils ingurgitent principalement des lézards mais le menu est complété avec des matières végétales. Les proies les plus fréquemment capturées sont les arthropodes, spécialement les coléoptères (au moins 5 familles), les fourmis, les sauterelles, les papillons diurnes et nocturnes ainsi que leurs larves. Sont également attrapés : les insectes à écailles tels que les abeilles, les guêpes, les mantes religieuses, les mouches, les araignées, les mille-pattes et les scorpions ; les baies et les graines constituent un complément intéressant. Les coléoptères, les sauterelles et les fourmis sont les captures prédominantes en taille et en poids pendant la période estivale. Dans certaines régions du sud de l'Espagne, les proies sélectionnées sur le seul critère de l'abondance sont les myriapodes, les curculionidés et les chrysomélides. Dans le sud de la France, le menu est un peu plus original : les chenilles sont très favorisées pendant la nidification, les scorpions et les araignées constituent des proies de choix pendant la période de nourrissage des jeunes au nid. Lorsque les coléoptères se font moins nombreux, les végétaux reviennent en force : les berberis, les nerpruns (Rhamnus), les ronces porteuses de mûres (rubus), les olives, les salsepareilles (smilax), les myrtes communs.

Reproduction nidification

En Afrique du Nord, la saison se déroule principalement de janvier au mois de juin. La construction du nid commence à la mi-février dans le sud de l'Espagne et à partir de la mi-avril dans la chaîne des Pyrénées. Certaines pontes se déroulent aussi tard que le début de juillet. Ces traquets nichent plusieurs fois par saison, dans le sud de l'Espagne, il y a jusqu'à 5 tentatives, avec 3 pontes assurées toutes les années. Dans le sud de la France, il y a deux couvées uniquement à la condition qu'il y ai eu un printemps précoce.
Les liens conjugaux sont très solides. En Andalousie, moins de 10% des oiseaux changent de partenaire en cours de saison. La superficie des territoires est très développée, ce qui ne les empêche pas souvent de se chevaucher. Les frontières sont assez difficiles à déterminer. En Espagne Méridionale, les territoires mesurent en moyenne 14 ha et la distance qui sépare 2 nids est généralement entre 325 et 600 mètres. Le nid est une coupe massive formée d'herbes et de radicelles. Il est garni avec du crin et des plumes, il est placé à terre sous une touffe. Il arrive toutefois qu'il soit installé entre 1,5 et 3 mètres de hauteur dans une crevasse naturelle de rocher, une grotte ou une maison abandonnée. L'emplacement du nid est entouré par une ceinture partielle de galets qui est brisée à un endroit pour en matérialiser l'entrée. Plus le nid est utilisé, plus les années consécutives sont fréquentes, plus les galets sont nombreux. Les cailloux transportés par les oiseaux pèsent en moyenne de 6 à 8 grammes, dans les circonstances exceptionnelles, ils peuvent peser jusqu'à 28 g.
Le ponte comprend 3 à 6 œufs, de couleur vert pâle ou bleu clair, avec des tachetures violet ou rouge brunâtre. Ils dont couvés pendant 14 ou 15 jours. La durée de séjour des oisillons au nid est également 15 jours. Les petits ne sont pas totalement emplumés quand ils quittent leur lieu de naissance. Après le départ, ils dépendent des parents pendant une période supplémentaire de 14 jours.
Pour des raisons inconnues, un peu moins de 20% des nids situés dans les arbres se soldent par des échecs. Dans certaines régions d'Espagne, 60% des nichées sont infructueuses. Par contre dans le sud de la France, le taux de réussite est assez important (environ 59%). Les principaux prédateurs sont les couleuvres, les lézards du genre Lacerta, les lérots communs et les pies bavardes. Les nids situés dans les ruines ou les grottes artificielles semblent mieux protégés que ceux dans les cavités naturelles. Compte tenu du nombre important de nichées, les traquets rieurs d'Espagne Méridionale peuvent mener à terme jusqu'à 13 poussins. Dans le sud de la France, (où le nombre de couvée est 2 au maximum), le nombre de petits à l'envol est un peu inférieur à 5. Les juvéniles atteignent la maturité sexuelle à 1 an.

Distribution

Le traquet rieur est un oiseau méditéranéen qui vit dans la péninsule ibérique et au Maghreb. Il est officiellement divisé en 2 sous-espèces dont les traits caractéristiques ne sont pas très différenciés.
O. l. leucura - est du Portugal, Espagne et extrême sud de la France.
O. l. syenitica - nord-ouest de l'Afrique (Maroc, Algérie, Tunisie) en direction de l'est jusqu'au nord-ouest de la Libye (Jebel Nafusa).

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

D'après le Handbook de oiseaux du Monde, les traquets rieurs ne sont pas considérés comme globalement menacés. Dans les années 90, la population européenne était évaluée entre 4 300 et 15 350 individus, la plupart situés en Espagne. Leur tendance à évoluer n'est pas connue. Dans la France Méridionale, la population a décru progressivement et n'est plus très éloignée du niveau zéro, pour des raisons qui sont inconnues.
Il semble qu'en Espagne, le déclin soit moins rapide : des hivers climatiquement difficiles, une perte assez importante d'habitats convenables, expliquent peut-être cette perte dans les effectifs. On aimerait bien trouver des raisons valables qui donneraient des espoirs pour la reprise. Cependant, les habitats artificiels et les ruines de villages abandonnés qui constituent un bastion pour cette espèce continuent à disparaître.

Iconographie

plus de photos

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 28/08/2015 par Daniel Le-Dantec © 1996-2017 Oiseaux.net