Trogon narina

Apaloderma narina - Narina Trogon

Systématique
  • Ordre
    :

    Trogoniformes

  • Famille
    :

    Trogonidés

  • Genre
    :

    Apaloderma

  • Espèce
    :

    narina

Descripteur

(Stephens, 1815)

Biométrie
  • Taille
    : 32 cm
  • Envergure
    : -
  • Poids
    : 51 à 95 g
Distribution

Distribution

Description identification

Apaloderma narina, Apaloderma vient du grec (hapalos, délicat et derma qui signifie la peau), on a donc un trogon à la peau délicate ! Mais dans la recherche de l'origine du nom de ce trogon africain, on vole de surprise en surprise, c'est James Francis Stephens, ornithologue anglais (1792-1852) qui répertoria le trogon narina en 1815 mais c'est François Levaillant, ornithologue français qui le découvrit en Afrique du Sud. Levaillant se lia d'amitié avec Jacob Temminck, ornithologue hollandais (1778-1858, le Bécasseau de Temminck c'est lui !) qui financera son expédition en Afrique de 1781 à 1784. Il ramènera en France plus de 2 000 peaux d'oiseaux dont celle de notre Trogon dont il dira : "Ce couroucou d'Afrique auquel je donne le nom de narina qui, en langue hottentote signifie fleur". L'ornithologie étant une science parfois polémique, on notera que René Primevère Lesson, ornithologue français (1794-1849) "dénoncera" le nom de narina en révélant que Levaillant avait donné ce nom en hommage à une jeune fille auquel il confessait "un attachement romantique" ! Un grand trogon, 32 cm, au dimorphisme net, le mâle a un très long et fort bec jaune à l'extrémité bleu pâle, les vibrisses à la base du bec sont visibles, l'iris est noisette ; un mince sourcil bleu clair surmonte l'œil, une marque bleu-jaune assez large prolonge le bec et une seconde excroissance de peau de la même couleur bleu-jaune souligne l'arrière de l'œil, ces deux marques sont un des signes distinctifs des trois trogons africains du gêne Apaloderma. La calotte, la nuque, le manteau, le dos et les scapulaires sont vert métallique avec des reflets bleus suivant la lumière, la poitrine reprend la coloration verte du dos, les flancs, le ventre et le bas-ventre sont rouges. Les petites et moyennes couvertures alaires sont vertes avec des petites marques grises parfois peu visibles suivant les individus, le reste des couvertures est vermiculé de très fines lignes blanches sur fond anthracite, les rémiges primaires noires sont bordées de blanc aux émarginations. Les trois paires de rectrices externes sont blanches et les deux paires centrales sont bleu-vert foncé. La femelle a le bec jaune pâle prolongé d'une marque bleu-jaune, l'iris marron est surmonté d'un mince sourcil bleu pâle et la même marque bleu-jaune pâle est visible à l'arrière de l'œil, le front, la gorge, les parotiques et la poitrine sont brun-cannelle, une large bande rose pâle, entre la poitrine et le ventre rouge, est visible. La calotte, la nuque, le manteau et le dos sont vert, les petites et moyennes couvertures ainsi que les rémiges tertiaires sont vermiculées noir et blanc, les rémiges primaires noires gardent les émarginations blanches du mâle. Les rectrices externes blanches sont grisées en leur centre et les rectrices centrales sont bleu-vert foncé comme celles de son compagnon. Les tarses sont rose foncé. Les juvéniles ressemblent à leur mère, le dos est vert pâle avec des reflets marrons, les couvertures et les rémiges sont chamois parsemées de marques blanches, les marques visibles sur la tête dans le prolongement du bec, le sourcil et l'arrière de l'œil sont blancs et il faudra de nombreux mois avant de voir apparaître les caractéristiques mâles et femelles. Six sous-espèces sont reconnues, ssp narina en Afrique Australe a été décrite plus haut ; ssp littorale , présente sur la côte est de l'Afrique, est plus petite, le mâle a le dos et la poitrine vert-bronze, le ventre est plus pâle, les marques sur la tête sont bleu-vert brillantes, la femelle a la poitrine plus pâle ; ssp brachyurum en Afrique Centrale du Cameroun à l'Ouganda, le mâle a le dos et la poitrine bleu-vert, les couvertures ont des vermiculures plus fines et plus foncées, les taches de la tête sont bleu-vert plutôt que bleues, la queue est plus courte, la femelle a la tête et la poitrine plus grises que brunes, les marques de la tête sont, comme chez le mâle, bleu-vert, la queue est également plus courte ; ssp constantia confinée à l'Afrique de l'Ouest n'a pas les petites et moyennes couvertures vertes avec des marques vermiculées mais a directement les couvertures striées noir et blanc, les marques de la tête, sourcil, arrière du bec et de l'œil sont jaunes, le bec est jaune verdâtre, les rectrices extérieures de la queue sont bleutées, la femelle a des marques bleu-gris ; ssp rufiventre, d'Afrique Centrale à partir de la rive sud du Congo jusqu'au Botswana, au dos et à la poitrine vert-bronze, le ventre montre un rouge plus vif ; ssp arcanum, du Tchad à l'Ethiopie, a le même aspect que rufiventre mais avec une queue plus longue.

Indications subspécifiques 4 Sous-espèces

  • Apaloderma narina narina (widespread)
  • Apaloderma narina constantia (Sierra Leone to Ghana)
  • Apaloderma narina brachyurum (se Nigeria and Cameroon to DR Congo and Uganda)
  • Apaloderma narina littorale (s Somalia to e Tanzania and Mozambique)

Noms étrangers

  • Narina Trogon,
  • Trogón de Narina,
  • Republicano,
  • Narinatrogon,
  • kantáros trogon,
  • Уздечковый африканский трогон,
  • 绿颊咬鹃,
  • Narina-trogon,
  • Trogone narina,
  • Narinatrogon,
  • Narinatrogon,
  • afrotrogon zielony,
  • trogónovec narina,
  • trogon uzdičkový,
  • Narinatrogon,
  • afrikantrogoni,
  • Bosloerie,
  • アフリカキヌバネドリ,

Voix chant et cris

Trogon narina
♀ adulte

C'est surtout le mâle que l'on entend, perché entre 7 et 20 m du sol, en-dessous de la canopée, relevant verticalement la queue, il lance un "whoou-whoou" très lent et faible qui va crescendo, la phrase comporte de 4 à 15 notes. Le chant peut aussi être un "roo-kook" répété lancé de la même façon. Très souvent le mâle répond à un ou plusieurs autres mâles, en période de reproduction, il va lancer un "kuk-kuk" qui peut se répéter une douzaine de fois, pendant la couvaison il lancera le même appel pour relever sa compagne. En cas de danger, ses cris d'alerte seront du type "kwaurr" ou "koor" légèrement rauques.

Habitat

Les trogons sont en général, inféodés à des biotopes particuliers, mais le trogon narina est largement répandu en Afrique. On va donc le trouver dans tous types de forêts : la forêt tropicale humide (rainforest), les zones boisées ouvertes et même la savane. En Afrique du Sud, il est commun dans les forêts à feuillage persistant, près des rivières, fleuves ou points d'eau. Souvent présent à basse altitude, il monte jusqu'à 3 500 m en Ethiopie et en Erythrée dans les forêts d'acacias, et on l'a observé à 3 000 m dans l'ouest de l'Ouganda. Au nord de la Tanzanie, on le voit dans les zones boisées près des rivières dans les parcs nationaux du Serengeti, d'Arusha ou du lac Manyara. Au Rwanda, il évite la haute canopée et on le trouve dans les zones ouvertes des forêts tropicales ou en bordures de celles-ci aussi bien que dans des bambouseraies.

Comportement traits de caractère

Normalement sédentaire, on observe des vagabondages de jeunes en Afrique de l'Ouest. Philipp Alexander Clancey, ornithologue écossais (1917-2001), spécialiste de l'avifaune sud-africaine remarqua que des individus partaient de l'extrême sud de la province du Cap et du Transvaal pour rejoindre le Zimbabwe et le Malawi en hiver austral (mai-août) ; d'autres types de migration sont observées au Natal de novembre à janvier pendant la période de reproduction, où le trogon narina monte à 1 250 m ou plus. Clancey remarque également qu'au sud du Mozambique la population augmente avec la venue de trogons d'Afrique du Sud pendant la saison sèche (décembre-mars). Avec l'arrivée de ces immigrants, les trogons résidants (ssp littoral) partent parfois au Zimbabwe de novembre à avril ! Au Malawi et en Zambie, ils peuvent vagabonder au début de la saison des pluies en octobre à la recherche de territoires plus calmes et de nourriture.

Alimentation mode et régime

Carnivore autant qu'insectivore, le trogon narina est un prédateur opportuniste que l'on voit souvent chasser, perché sur une branche basse ; tous types d'arthropodes, lépidoptères, chenilles, arachnidés, mantes, cigales, sauterelles, larves diverses, termites. Il apprécie les reptiles; lézards et batraciens : petits lézards et caméléons sont régulièrement à son menu.

Reproduction nidification

Les périodes de reproduction sont très étendues, compte-tenu de la très grande aire de distribution du trogon narina : probablement toute l'année au Gabon, Zaïre (femelles en période nuptiale observées en janvier, avril et septembre), mars à juin en Ethiopie et novembre en Ouganda, décembre en Angola, décembre-janvier au Zimbabwe et d'octobre à janvier en Afrique du Sud. Le trogon narina est monogame et les mâles sont extrêmement territoriaux, plus que la majorité des autres trogonidés, le territoire d'un couple couvre une aire de 1 à 10 ha. Pendant les périodes de reproduction, les mâles peuvent se réunir en groupes d'environ 3 à 10 individus qui vont chanter et se livrer à des poursuites d'une branche à l'autre, ils exhibent leurs rectrices externes blanches lors de leurs courts envols et lorsqu'ils se posent sur une branche ils montreront à nouveau ces rectrices blanches en redressant leurs queues à l'horizontale et en gonflant les plumes de la poitrine. Ces manifestations de groupe, observées au Kenya fin Octobre, ont lieu le matin et durent d'une heure à une heure et demie, avant que les mâles appariés ne rejoignent leurs compagnes. Le même type d'observation a été fait au Gabon et en Ethiopie, les femelles célibataires sont sensibles aux appels des mâles ; à l'inverse, Leslie Hilton Brown, ornithologiste britannique (1917-1980) observa en
Ethiopie en 1968 un mâle se détachant d'un groupe de mâles pour aller directement à la rencontre d'une femelle et copuler avec elle. Le nid est en général à une dizaine de mètres du sol dans une excavation d'un vieil arbre mais est parfois plus bas, l'entrée est petite et laisse juste le passage à un individu, la chambre est spacieuse et le même nid peut servir sur plusieurs années. Une couvée comprend de un à quatre œufs de couleur blanche pondus à 24 h d'intervalle, le couple couve en alternance, le mâle le jour et la femelle la nuit, la couvaison dure de 18 à 21 jours. Les petits se couvrent de plumes au bout d'une dizaine de jours, apparemment le mâle s'occupe plus fréquemment du nourrissage, les juvéniles quitteront le nid entre 25 et 28 jours et resteront à proximité, continuant à être nourris par leurs parents pendant environ 60 jours. Les petits du trogon narina subissent une prédation importante : fourmis ! écureuils qui s'en prennent aux œufs ! rapaces diurnes : Autour tachiro, épervier minulte, épervier de l'Ovampo ou rapaces nocturnes comme la chouette africaine.

Distribution

Compte tenu des six ssp reconnues son aire de distribution est vaste ! Ssp narina qui porte le nom de l'espèce : depuis la province du Cap en Afrique du Sud, au Mozambique, Zimbabwe et Malawi ; ssp littorale au sud-ouest de la Somalie, est du Kenya, est de la Tanzanie, nord du Mozambique, sud du Malawi et du Zimbabwe ; ssp brachyurum au sud du Cameroun et au nord du fleuve Congo jusquà la vallée du Rift au Kenya ; ssp constantia en Guinée et Sierra Leone et à l'est du Nigéria ; ssp rufiventre au sud du fleuve Congo, est et sud de l'Ouganda, ouest de la Tanzanie et ouest du Malawi ; ssp arcanum depuis le lac Tchad jusqu'en Ethiopie et Somalie, au nord-est du Kenya.

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

LC : Le trogon narina ne semble pas en danger, son immense aire de distribution sur une grande partie du continent africain étant un gage de stabilité pour cette espèce qui semble s'adapter aux différents biotopes africains.

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 23/10/2013 par Anne et Gabriel Leboff © 1996-2017 Oiseaux.net