Vautour à tête blanche

Trigonoceps occipitalis - White-headed Vulture

Systématique
  • Ordre
    :

    Accipitriformes

  • Famille
    :

    Accipitridés

  • Genre
    :

    Trigonoceps

  • Espèce
    :

    occipitalis

Descripteur

Burchell, 1824

Biométrie
  • Taille
    : 85 cm
  • Envergure
    : 207 à 230 cm.
  • Poids
    : 3300 à 5300 g
Distribution

Distribution

Description identification

Le Vautour à tête blanche est un vautour de taille moyenne, intermédiaire entre le Vautour charognard et le Vautour oricou auxquels on peut le comparer et avec lesquels il peut être confondu à la rigueur de loin et de dos, mais sa tête "blanche" est diagnostique.
Les sexes sont identiques à l'exception des rémiges secondaires internes et des tertiaires, brun grisâtre chez le mâle, blanches chez la femelle, ce qui se voit particulièrement bien en vol. La femelle est 2% plus grande et 17% plus lourde que le mâle.
La tête de l'adulte est remarquable. La calotte et la nuque sont couverts d'un duvet blanc tandis que les côtés, tout comme le haut du cou, sont nus et couleur chair. L'arrière du cou est orné d'une collerette noirâtre. Le bec est rouge-orange à base bleue. L'iris est jaune. Les pattes sont roses.
Les adultes ont les parties supérieures brun noirâtre. Leur uniformité est simplement rompue par une bande alaire plus claire au niveau des couvertures moyennes qui sont d'un brun moyen et ourlées de beige blanchâtre. Les rémiges secondaires sont plus grises que noirâtres (excepté pour la femelle qui a les internes blanches formant un panneau bien visible).
Le patron des parties inférieures bicolores est typique. Chez les deux sexes, la poitrine noirâtre contraste vivement avec le ventre et les jambes blancs. La femelle se distingue facilement à la grande zone blanche postérieure formée par les secondaires internes et le ventre. L'extrémité blanche des grandes couvertures sous-alaires et les axillaires blanches forment une bande blanche dans le milieu de l'aile, large au niveau du corps et allant en s'amincissant jusqu'au poignet. Les rémiges primaires sont noirâtres avec un rachis blanc.
Le juvénile est entièrement brun sombre, dessus comme dessous, y compris le dessus de la tête, avec de vagues écailles chamois sur les moyennes couvertures sus-alaires et une étroite ligne claire sous l'aile, formée par les extrémités des grandes couvertures. Les couleurs de la tête et du bec sont légèrement plus ternes que celles de leurs parents. L'iris est brun. Le juvénile peut être confondu à distance avec un Vautour charognard ou un jeune Vautour oricou, tous les deux brun sombre dessus, mais la confusion est impossible de près, dans une bande de vautours rassemblés autour d'une charogne par exemple comme cela est fréquent en Afrique.
Les jeunes oiseaux, dont le plumage commence à changer à l'âge d'un an, n'atteignent la maturité, donc n'acquièrent leur plumage adulte parfait, qu'à 6 ou 7 ans, après une succession de plumages intermédiaires.

Indications subspécifiques espèce monotypique

Noms étrangers

  • White-headed Vulture,
  • Buitre Cabeciblanco,
  • Abutre-de-cabeça-branca,
  • Wollkopfgeier,
  • gyapjasfejű keselyű,
  • Witkopgier,
  • Avvoltoio testabianca,
  • Vithövdad gam,
  • Hvithodegribb,
  • sup červenozobý,
  • sup chocholatý,
  • Hvidhovedet Grib,
  • kirjokorppikotka,
  • Witkopaasvoël,
  • voltor de cap blanc,
  • sęp białogłowy,
  • Африканский белогорлый гриф,
  • シロガシラハゲワシ,
  • 白头秃鹫,
  • 白頭鷲,

Voix chant et cris

Les Vautours à tête blanche sont presque invariablement silencieux. Toutefois, ils émettent quelques sons quand ils sont en compétition avec d'autres espèces de vautours autour des carcasses.

Habitat

Les Vautours à tête blanche fréquentent les savanes, les zones couvertes de buissons épineux ou légèrement boisées mais on les trouve également dans les contrées complètement ouvertes comme les semi-déserts. Ils pénètrent parfois dans la forêt dense. Ils vivent à des altitudes très variables, du niveau de la mer jusqu'à 4 000 mètres.

Comportement traits de caractère

Le Vautour à tête blanche vit plutôt en solitaire. Il niche habituellement par couples isolés. Toutefois, on peut trouver jusqu'à une 10e d'individus autour d'une carcasse. Un adulte est parfois accompagné d'un immature. Les deux membres du couple effectuent des vols circulaires à une grande hauteur au-dessus de leur territoire. Ils dorment ensemble à proximité du nid bien avant que la ponte ne débute.
Le Vautour à tête blanche adulte est surtout sédentaire, contrairement aux autres vautours africains communs qui effectuent occasionnellement de longs parcours pour trouver de la nourriture. Les immatures sont plus nomades, étant capables de parcourir plus de 100 kilomètres pendant la saison des pluies en Afrique occidentale.

Alimentation mode et régime

Les Vautours à tête blanche consomment principalement des charognes, carcasses de grands mammifères mais plus couramment dépouilles de mammifères plus modestes et de reptiles trouvées sur le bord des routes après des accidents, des morceaux de peau ou autres restes d'animaux. Ils mangent aussi des œufs, des oiseaux, des insectes et probablement des petits mammifères. Ils consomment également des œufs de flamants ou des insectes de grande taille qu'ils trouvent à terre, des poissons échoués ou des amphibiens qui gisent au bord des mares asséchées. Ils pratiquent le kleptoparasitisme et dérobent leurs proies à d'autres espèces comme les marabouts ou même à d'autres prédateurs comme le Pygargue vocifère. Il leur arrive de tuer de jeunes flamants. Il sont également connus pour s'attaquer à des proies vertébrées vivantes de taille modeste telles que mangoustes, écureuils, varans, etc.
Les immatures, et dans une moindre mesure les adultes, sont presque toujours parmi les premiers nécrophages à arriver à proximité des carcasses avec les jeunes Bateleurs des savanes. Hélas, ils doivent céder leur place lorsqu'arrivent les Vautours oricous ou les hordes de vautours plus communs. Ils se retrouvent alors à la périphérie de la mêlée et doivent patienter pour récolter les menus morceaux qui restent.

Reproduction nidification

La saison de nidification varie selon les régions : d'octobre-novembre à mai en Afrique occidentale, d'octobre à juin en Éthiopie et en Somalie, tous les mois de l'année en Afrique orientale et de mai à janvier en Afrique du Sud. Les Vautours à tête blanche bâtissent un nid en branchages de 80 à 170 centimètres de diamètre et de 20 à 60 centimètres de hauteur. L'intérieur est garni avec des herbes et du crin. Il est placé bien en évidence sur la couronne d'un grand arbre à la cime plate, souvent un acacia ou un baobab, à une hauteur de 5 à 20 m. Au Zimbabwe, les arbres du genre Adansonia ou Terminalia sont choisis en priorité. La ponte ne contient généralement qu'un seul œuf qui est couvé pendant 51 à 56 jours. Le jeune vautour prend son envol au bout d'environ 4 mois (110 à 120 jours). Dans le milieu naturel, Anthony a pu réaliser une curieuse observation : un jeune Vautour à tête blanche élevé par un couple de Vautours oricous.

Distribution

Ces oiseaux nécrophages sont originaires du continent africain au sud du Sahara. Leur aire de répartition est morcelée en 5 grosses entités : 1) Sénégambie et Guinée Bissau - 2) sud du Mali, Burkina Faso, nord de la Côte d'Ivoire, du Ghana et du Bénin - 3) nord-est du Nigeria, nord du Cameroun, sud du Tchad - 4) sud du Soudan, Éthiopie, Érythrée, ouest de la Somalie en direction de l'Afrique orientale jusqu'au Kenya, l'Ouganda et le nord de la Tanzanie - 5) sud du Zaïre et de l'Angola, Zimbabwe, Botswana, Zambie, ouest du Mozambique et côte est de l'Afrique du Sud jusqu'au Natal et au Swaziland.

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

Les densités des populations sont très variables : elles sont généralement de 0,25 à 1,2 couples pour 100 kilomètres carrés. Cependant en Ouganda et au Cameroun où cet oiseau est relativement commun, elle peut atteindre plus de 9 couples pour la même superficie. En Afrique australe, de l'Okavango au Zambèze, on dénombre environ 500 couples. Sur l'ensemble du continent, les effectifs sont évalués entre 7 000 et 12 500 oiseaux.
Ce rapace a une faible productivité (un seul œuf pondu et donc un jeune à l'envol par nichée, et un succès reproducteur d'environ 70%). Par ailleurs, plus de 60% des oiseaux ne nichent pas tous les ans, surtout quand les précipitations ont été faibles. L'espèce mise donc sur sa longévité, mais cette stratégie démographique la défavorise dans un contexte africain où l'empreinte de l'Homme se fait toujours plus forte.
Elle est en déclin en particulier en Afrique du Sud où les appâts empoisonnés et l'usage des pesticides sont les facteurs principaux de mortalité. L'espèce est classée vulnérable par Birdlife.

Iconographie

plus de photos

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 13/05/2011 par © 1996-2017 Oiseaux.net