Aigle martial

Polemaetus bellicosus - Martial Eagle

Aigle martial
juvénile
Systématique
  • Ordre
    :

    Accipitriformes

  • Famille
    :

    Accipitridés

  • Genre
    :

    Polemaetus

  • Espèce
    :

    bellicosus

Descripteur

Daudin, 1800

Biométrie
  • Taille
    : 86 cm
  • Envergure
    : 212 à 260 cm.
  • Poids
    : 3000 à 6200 g
Longévité

14 ans

Distribution

Distribution

Description identification

L'aigle martial est, de par sa taille et la sensation de puissance qu'il dégage, un oiseau vraiment imposant ; c'est l'aigle africain qui a la plus grande envergure. L'Aigle de Verreaux, et l'Aigle couronné, sont légèrement plus grands (respectivement 96 et 90 cm), mais disposent d'une envergure moindre (2 m et 1,5 à 1,7 m). Son port "militaire" ainsi que la puissance de ses prédations font de lui un des rapaces les plus impressionnants.
Les pattes et le poitrail sont blanc ponctué de brun-noir, le reste du plumage est brun foncé. Les femelles, généralement plus grandes que les mâles, présentent souvent une ponctuation abdominale plus dense. Au-delà de ces deux critères il n'y a pas de dimorphisme sexuel marqué.
Le cou et la partie sommitale du poitrail sont brun foncé. L'arrière de la tête, large et légèrement plate, est pourvu d'une petite crête. Les yeux sont jaunes et le regard perçant.
Les tarses, emplumés, longs et puissants, sont terminés par de grandes serres jaunâtres avec des ongles noirs, longs et courbes.
La queue, plutôt courte, est sur la face inférieure, blanche, rayée de brun foncé.
Les ailes sont brunes avec des rémiges claires finement rayées de noir.
Le bec noir est fortement crochu, avec une base jaunâtre.
Pour les adultes, une confusion d'identification est éventuellement possible avec le Circaète à poitrine noire, Circaetus pectoralis, bien que ce dernier soit plus petit avec un poitrail exempt de ponctuation.
Les jeunes diffèrent sensiblement des adultes. Ils sont beaucoup plus clairs, les parties ventrales ne sont pas ponctuées, leur tête est blanche avec quelques plumes marrons dispersées ; l'iris est brun.
En vol, la confusion est possible avec le juvénile de l'Aigle couronné, Stephanoaetus coronatus. Les ailes de l'immature d'aigle martial sont toutefois plus grandes, plus blanches, avec des rayures moins importantes.

Indications subspécifiques espèce monotypique

Noms étrangers

  • Martial Eagle,
  • Aguila Marcial,
  • Águia-marcial,
  • Kampfadler,
  • vitézsas,
  • Vechtarend,
  • Aquila marziale,
  • Stridsörn,
  • Kampørn,
  • orol bojovný,
  • orel bojovný,
  • Kampørn,
  • gasellikotka,
  • Breëkoparend,
  • àguila marcial,
  • wojownik zbrojny,
  • Боевой орёл,
  • ゴマバラワシ,
  • 猛雕,
  • 猛鵰,

Voix chant et cris

L'aigle martial est généralement silencieux. Cependant, durant la saison de reproduction, un chant de parade, plutôt fort, "kwi-kwi-kluee-kluee", est émis en vol ou perché en haut d'un arbre.
L'appel de contact principal entre les membres d'un couple, souvent lorsqu'ils sont perchés, est un léger sifflement "ko-wee-oh". Il est également utilisé par la femelle quand le mâle apporte de la nourriture ou par les jeunes lorsqu'ils mendient leur pitance.

Habitat

Ce rapace se rencontre à toutes les altitudes de moins de 3 000 m, mais il est plus fréquemment observé en dessous de 1 500 m.
Ses milieux de prédilection sont : la savane, la steppe, les semi-déserts et les zones parsemées de buissons épineux. Peu fréquent dans les forêts denses, il lui arrive tout de même de nicher en lisière de celles-ci. À défaut d'arbre pour construire son nid, il utilise parfois les pylônes électriques dans les zones désertiques (Karoo, Afrique du Sud).

Comportement traits de caractère

Souvent à haute altitude, l'aigle martial passe beaucoup de temps en vol, plus que les autres aigles africains. Il excelle dans l'exploitation des thermiques mais sa morphologie ne le rend pas très agile dans les manœuvres ; c'est peut-être la raison pour laquelle il évite les forêts denses. Ce rapace peut couvrir des distances importantes mais n'est pas un migrateur. Chassant le plus souvent en vol, il peut parfois se mettre à l'affût en haut d'un perchoir.
La vitesse et la puissance de ses attaques font de lui un prédateur redoutable. Voir : Vidéo
Il vit seul ou en couple et reste à l'écart de l'homme.

Alimentation mode et régime

Le régime alimentaire de l'aigle martial varie en fonction des disponibilités de son territoire. Il mange une variété de mammifères de moyenne taille, des oiseaux et des lézards pesant généralement entre 1 et 5 kilogrammes. Les proies peuvent parfois être beaucoup plus lourdes ; ainsi il a été observé une prédation sur une antilope (Cephalophus natalensis) de plus de 35 kg.
Carnivore, il chasse le plus souvent des mammifères tels que : les damans, les écureuils terrestres, les mangoustes, les petites antilopes (gazelles de Thomson, jeunes d'Impalas, duikers), les chacals, les servals...
Une étude dans la Province du Cap (Afrique du Sud), a montré que les lièvres du Cap étaient la proie dominante (50 %), suivi par les zorilles communes, les genettes, les écureuils terrestres et les mangoustes.
Dans une moindre mesure, il chasse également les singes Vervet et les babouins.
Dans certains cas, les oiseaux constituent une part importante du menu ; il s'attaque alors aux pintades, aux francolins et aux outardes. Une prédation sur un oiseau de grande taille telle la Cigogne blanche a pu être photographiée (Masai Mara, Kenya). Voir : Photos
Il ne dédaigne pas les varans et quelques fois les serpents.

Reproduction nidification

L'aigle martial est monogame. En dehors d'un chant particulier (voir ci-dessus) il n'y pas de véritable parade nuptiale. Cependant, lorsqu'un couple cercle au-dessus de la zone de reproduction, la femelle peut être amenée à se retourner et à présenter ses serres au mâle.
La période de reproduction se déroule durant la saison sèche de chaque région.
L'aigle martial se reproduit le plus fréquemment une fois tous les deux ans, plutôt qu'une fois par an.
Les nids sont construits sur des arbres dominants (le plus fréquemment de 6 à 20 m de haut), souvent placés sur des collines/buttes, lui permettant d'avoir une vue dégagée.
Un couple niche sur la même aire plusieurs années. Il est à noter que certains couples ont deux nids (voire plus) qu'ils utilisent en alternance sur les différentes années de reproduction.
Le nid est imposant : 1,20 à 1,50 m de diamètre et 60 cm de profondeur ; au fil des différentes saisons il peut atteindre une taille (diamètre et profondeur) d'environ 2 m. Constitué de branchages, il est tapissé de feuilles vertes.
La femelle pond un œuf (quelquefois deux). La période d'incubation, très majoritairement assurée par la femelle, dure environ 45-50 jours (uniquement la nuit après le 20ème jour). Le mâle ne la nourrit pas, elle est donc amenée à quitter le nid pour partir en quête de nourriture.
Faible à la naissance, le poussin, actif vers le 20ème jour, commence à se plumer à la fin du premier mois, cette phase ne sera aboutie qu'aux alentours du 90-100ème jour. Les deux parents lui donnent la becquée pendant deux mois, ensuite l'oisillon est à même de déchiqueter les proies tout seul. Voir : Vidéo
Parallèlement, la présence du mâle se fait de moins en moins régulière.
L'envol du jeune se produit vers le 100ème jour. Son attachement au nid est dès lors de moins en moins prégnant, cependant il ne s'en éloigne guère les six premiers mois. Il est pleinement indépendant vers 2-3 ans et atteint la maturité sexuelle à l'âge de 4-5 ans. (Allan, 1996; Burton Burton, 2002; Machange, Jenkins, Navarro, 2005; Simmons Brown, 2006; Thiollay, 1994)
Le territoire d'un couple est de 125 à 140 km2 dans l'est et le sud africain, avec une proximité entre les nids de 10 à 11 km ; il s'étend de 250 à 990 km2 au Zimbabwe (Hange National Park) avec une proximité de 35 km.

Distribution

On rencontre l'aigle martial dans la plupart des pays de l'Afrique Sub-Saharienne, du Sénégal au nord-ouest de la Somalie et en Afrique Australe. Il évite les forêts denses et est absent de la plupart des pays de l'Afrique Centrale. Il est présent un peu partout sur son aire géographique (avec un statut qui va de peu commun à rare). Les densités de population sont plus élevées dans les grandes zones protégées (par exemple en Afrique du Sud et au Zimbabwe). On pense qu'il a subi un déclin important sur une grande partie de son aire de répartition (entre autres en Namibie et au Nigeria).

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

Sur le continent africain, de nombreux rapaces subissent un déclin important. Des espèces emblématiques tels le bateleur (Terathopius ecaudatus) et l'aigle martial ont été classées "quasi menacées" par l'IUCN.
L'aigle martial a subi une baisse conséquente de ses effectifs sur les trois dernières générations (56 ans). La classification "Vulnérable" pourrait être envisagée.
C'est certainement le rapace le plus persécuté en Afrique Australe ; l'espèce subit des persécutions directes des fermiers, les tirs et empoisonnements sont les causes les plus importantes des pertes. L'empoisonnement est pratiqué à une grande échelle (Namibie et Afrique du Sud) par les éleveurs qui subissent des prédations sur leurs volailles, agneaux et chèvres (une surévaluation est possible). La réduction des proies naturelles pourrait être à l'origine de ce changement de comportement. Les noyades dans les réservoirs, les électrocutions, les altérations et les modifications de son habitat participent également à son déclin.
En Namibie, l'aigle martial est en danger. Il ne reste plus qu'environ 350 couples dans le pays (baisse estimée à 80 % de la population sur les cinq dernières années).
Le déboisement pourrait avoir un impact moindre sur cette espèce que sur d'autres grands aigles africains dans la mesure où il peut nicher sur des structures artificielles (pylônes électriques par exemple).
Dans certaines régions les oiseaux sont utilisés pour la médecine traditionnelle.
Des actions locales sont mises en place en Afrique du Sud. Ainsi, un système de compensations des pertes de bétail a été instauré pour les éleveurs.
Des campagnes de sensibilisations sur les conséquences de la perte de biodiversité, ainsi que la pose de systèmes anti-électrocutions sur les pylônes électriques, pourraient être des mesures salutaires pour l'avenir de cet oiseau emblématique.

Iconographie

plus de photos

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 26/12/2010 par Yvonnik Lhomer © 1996-2017 Oiseaux.net