Buse à queue rousse

Buteo jamaicensis - Red-tailed Hawk

Systématique
  • Ordre
    :

    Accipitriformes

  • Famille
    :

    Accipitridés

  • Genre
    :

    Buteo

  • Espèce
    :

    jamaicensis

Descripteur

Gmelin, JF, 1788

Biométrie
  • Taille
    : 45 à 65 cm
  • Envergure
    : 114 à 133 cm.
  • Poids
    : 690 à 1460 g
Longévité

22 ans

Distribution

Distribution

Description identification

Comme beaucoup de buses du genre Buteo, le plumage de la buse à queue rousse affiche une grande variation de couleurs. Ces changements d'aspect appelés phases ne sont pas du tout liés à la mue. La race calurus, habitant le nord-ouest de l'Amérique du Nord, est de loin la plus variable et possède trois phases de couleurs : une phase claire, une phase sombre et une phase intermédiaire de couleur rousse. Les phases sombres et intermédiaires ne représentent que 10 à 20% de la population totale. Il existe cependant des caractères constants : dans toutes les phases, les parties supérieures sont nettement plus sombres que les parties inférieures. Le bas-ventre, particulièrement clair, est surmonté par une large ceinture abdominale brun foncé qui est formée par la juxtaposition de stries verticales. La queue rousse donne son nom à l'espèce. Les rectrices sont rouge-brique dessus et roses dessous. La pointe est parfois terminée par une bande sombre. Le bec est court et noir. Il se termine par un crochet caractéristique de tous les rapaces. La cire, les pattes et les pieds sont entièrement jaunes. La femelle est en moyenne 25% plus grande que son partenaire mais sa livrée est identique.

Les juvéniles ressemblent aux adultes mais ils peuvent être identifiés à faible distance grâce à leurs iris jaunâtres. Lorsqu'ils atteignent l'âge de 3 ou 4 ans, leurs yeux changent de couleur et virent au brun-roux. Que ce soit en phase claire ou en phase sombre, la queue des immatures porte de nombreuses barres plus foncées.

Indications subspécifiques 12 Sous-espèces

  • Buteo jamaicensis alascensis (se Alaska, sw Canada)
  • Buteo jamaicensis harlani (c Alaska, nw Canada)
  • Buteo jamaicensis calurus (w North America, Socorro Is.)
  • Buteo jamaicensis borealis (e North America)
  • Buteo jamaicensis suttoni (s Baja California. Mexico.)
  • Buteo jamaicensis fuertesi (sw USA, n Mexico)
  • Buteo jamaicensis fumosus (Tres Marias Is.. off wc Mexico.)
  • Buteo jamaicensis hadropus (c Mexico)
  • Buteo jamaicensis kemsiesi (s Mexico to Nicaragua)
  • Buteo jamaicensis costaricensis (Costa Rica, w Panama)
  • Buteo jamaicensis umbrinus (Florida. USA. , Bahamas, Cuba)
  • Buteo jamaicensis jamaicensis (Jamaica, Hispaniola, Puerto Rico, n Lesser Antilles)

Noms étrangers

  • Red-tailed Hawk,
  • Busardo Colirrojo,
  • Gavião-de-rabo-vermelho,
  • Rotschwanzbussard,
  • rőtfarkú ölyv,
  • Roodstaartbuizerd,
  • Poiana codarossa,
  • Rödstjärtad vråk,
  • Rødhalevåk,
  • myšiak hrdzavochvostý,
  • káně rudochvostá,
  • Rødhalet Våge,
  • amerikanhiirihaukka,
  • aligot cua-roig,
  • myszołów rdzawosterny,
  • rudastes klijāns,
  • Краснохвостый сарыч,
  • アカオノスリ,
  • 红尾鵟,
  • 紅尾鵟,

Voix chant et cris

Buse à queue rousse
immature

La buse à queue rousse émet un hurlement rauque et grinçant qui dure entre deux et trois secondes. Ce "kree-eee-ar" est très aigu au départ, mais il descend progressivement jusqu'à devenir inarticulé. Ce cri est souvent décrit comme le sifflet d'une machine à vapeur. Il est produit la plupart du temps lorsque l'oiseau plane ou chasse, mais il est plus puissant lorsque ce dernier est agacé ou anxieux à cause de la présence d'un intrus. Les jeunes ont tendance à délivrer un "klee-uk" plaintif pour réclamer leur nourriture lorsque les parents quittent le nid.

Habitat

La buse à queue rousse fréquente une grande variété d'habitats et d'altitudes. On peut la trouver dans des endroits aussi divers que les déserts, les prairies, les forêts de conifères et de feuillus, les forêts pluviales tropicales, les champs cultivés et les zones urbaines. Elle marque une certaine préférence pour les régions où se mêlent les forêts et les champs avec de grands arbres pouvant servir à la fois de perchoirs et de sites de nidification. De tous les rapaces nord-américains elle est, après le Faucon pèlerin, celle qui occupe l'espace le plus diversifié. La buse à queue rousse a profité en effet du déboisement du continent américain pour conquérir de nouveaux territoires de chasse. De plus, la plantation d'arbres dans l'ouest lui a permis de coloniser de nombreux espaces de nidification. Elle est également présente dans les villes, l'exemple le plus couramment cité étant Central Park à New York.

Comportement traits de caractère

Les buses à queue rousse chassent généralement à partir d'un perchoir élevé (arbre, pylône électrique) d'où elles plongent pour capturer leurs victimes. Elles attrapent les oiseaux en les poursuivant dans les airs. Une partie des proies est saisie à l'issue d'un vol bas qui rase le sol. Les grands-ducs d'Amérique occupent la même niche écologique et capturent donc le même type de proies. Aussi assiste-t-on parfois à une rude compétition dans la pénombre du crépuscule. La Buse de Swainson, la Buse pattue ou même l'Autour des palombes sont d'autres compétiteurs potentiels. Les blaireaux américains (Taxidea taxus) profitent souvent de la panique créée par la présence de la buse à queue rousse pour lui dérober son repas. Les aigles royaux, les buses rouilleuses et les rapaces de plus grande taille pratiquent couramment le kleptoparasitisme.

Bien qu'elle soit territoriale, la buse à queue rousse ne développe pas particulièrement une attitude agressive vis-à-vis des autres espèces d'oiseaux, à moins qu'elle ne couve et ou qu'elle élève des petits. Au contraire, c'est souvent elle qui est victime du harcèlement des pies, des corbeaux ou des petits oiseaux chanteurs pendant la journée. Dans les airs, elle se déplace souvent en planant. Ses ailes forment un "V" très ouvert et elle effectue le moins possible de battements pour conserver toute son énergie. En vol actif, ses battements d'ailes sont amples et volontaires. Il lui arrive également de pratiquer le vol stationnaire pour repérer une proie.

Alimentation mode et régime

Les buses à queue rousse ont un régime carnivore et ce sont des chasseurs très opportunistes. Leur menu est composé principalement de petits mammifères mais il comprend également des oiseaux et des reptiles. Les proies varient en fait selon les régions et les saisons. Toutefois, presque partout, les rongeurs constituent la plupart du temps près de 85% de la diète. Dans l'ordre d'importance, les proies les plus convoitées sont les lagomorphes, les musaraignes, les chauves-souris, les serpents, les gibiers d'eau, les poissons, les crustacés et les insectes. Un large éventail de victimes est ainsi répertorié, des coléoptères jusqu'aux lapins à queue blanche qui pèsent parfois deux fois le poids de la buse. La buse à queue rousse est, par rapport à sa taille, un gros consommateur. Chaque jour, elle ingère près de 135 g de viande.

Reproduction nidification

La buse à queue rousse atteint la maturité sexuelle environ vers l'âge de 2 ans. C'est un oiseau monogame qui établit des liens conjugaux forts avec la même partenaire pendant une longue période. Toutefois, si l'un des membres du couple vient à disparaître, le survivant procède à sa substitution assez rapidement. La buse à queue rousse est extrêmement territoriale et accomplit une défense attentive de sa zone d'influence pendant plusieurs années consécutives. L'accouplement est généralement précédé de parades aériennes spectaculaires au cours desquelles les partenaires effectuent des vols circulaires, des plongeons vertigineux et se saisissent parfois les serres. La parade peut durer plus de 10 minutes.

Tout au début de la période de reproduction, le couple bâtit un nid de branches entre 4 et 21 mètres au-dessus du sol dans un arbre. Ce dernier peut également être placé sur une corniche de falaise, dans une structure construite par l'homme à une plus grande hauteur encore. Le nid, fabriqué principalement avec des morceaux de bois, est garni avec de l'écorce, des épines de pin, des châtons de tremble ou d'autres matériaux végétaux. Il mesure presque un mètre de diamètre et 90 cm de profondeur. En mars ou en avril selon la latitude, la femelle dépose 1 à 3 oeufs à 1 jour d'intervalle l'un de l'autre. La taille de la ponte dépend surtout de l'abondance des proies. L'incubation, qui dure de 28 à 35 jours, est assurée principalement par la femelle mais le mâle la relaie de temps en temps quand elle s'absente pour chasser. Ce dernier s'occupe surtout du ravitaillement de la femelle quand elle couve. La femelle se charge de la répartition de la nourriture en la déchiquetant en petits morceaux.

Les jeunes rapaces sont nidicoles. Ils ne commencent les premiers vols exploratoires qu'au bout de 42 à 46 jours. Ils dépendent encore de leurs parents pendant une dizaine de semaines. Au cours de cette longue période, ils apprennent à chasser et ils perfectionnent leur technique de vol. Les buses à queue rousse sont en compétition avec les grands-ducs d'Amérique (Bubo virginianus) pour la conquête des sites de nidification. Chaque espèce est connue parfois pour détruire la couvée et tuer les oisillons de l'autre. Les grands-ducs causent le plus de dommages car ils s'avèrent incapables de construire des nids et ils sont donc obligés de s'approprier ceux des autres. Toutefois, la plupart du temps, les deux espèces cohabitent dans des territoires voisins sans qu'il y ait de conflit.

Distribution

La buse à queue rousse est originaire du continent nord-américain. Son aire de nidification s'étend de l'ouest et du nord de l'Alaska jusqu'aux provinces maritimes du Canada et à Terre Neuve, en passant par le Yukon, le McKenzie, le Saskatchewan, le Manitoba, l'Ontario et le Québec. Pendant la période hivernale, elle occupe un large espace qui va du sud du Canada et de la Nouvelle-Angleterre jusqu'en Californie et en Floride, poursuivant sa migration vers le sud jusqu'au Mexique et en Amérique Centrale. Sur ce vaste territoire, 14 sous-espèces sont officiellement répertoriées : B.J. jamaicensis (Jamaïque, Hispaniolia, Porto Rico et Petites Antilles à l'exception des Bahamas et de Cuba) - B.J. alascensis (de la côte sud-est de l'Alaska jusqu'en Colombie Britannique) - B.J. borealis (niche du sud-est de l'Alaska et du Maine jusqu'au Texas et au nord de la Floride) - B.J. calurus (niche de l'intérieur du Canada jusqu'à la Baja Californienne) - B.J. costaricensis (sédentaire du Nicaragua au Panama) - B.J. fuertesi (niche du nord du Chihuahua au sud du Texas) - B.J. fumosus (îles Maria, Mexique) - B.J. harlani (niche en Alaska et au nord-ouest du Canada) - B.J. kemsiesi (sédentaire du Chiapas au Nicaragua) - B.J. kriderii (Sud Alberta, Sud Saskatchewan, Sud Manitoba et Ouest Ontario) - B.J. solitudinus (Bahamas,Cuba) - B.J. soroccensis (île Sorocco, Mexique) - B.J. umbrinus (sédentaire dans la péninsule de Floride).

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

Comme cela a déjà été dit dans les rubriques précédentes, la buse à queue rousse possède de nombreux ennemis, le principal d'entre eux étant le Grand-duc d'Amérique. Les adultes eux-mêmes n'ont pas de véritables prédateurs mais les nichées et les oisillons sont souvent les victimes des renards ou des ratons laveurs. En dépit de toutes ces menaces, la population semble en constante augmentation, ce qui en fait sans doute l'un des nicheurs et des hivernants les plus communs d'Amérique du Nord. L'espèce est considérée comme ne posant pas de problèmes majeurs.

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 17/10/2009 par Daniel Le-Dantec © 1996-2017 Oiseaux.net