Busard tchoug

Circus melanoleucos - Pied Harrier

Systématique
  • Ordre
    :

    Accipitriformes

  • Famille
    :

    Accipitridés

  • Genre
    :

    Circus

  • Espèce
    :

    melanoleucos

Descripteur

Pennant, 1769

Biométrie
  • Taille
    : 49 cm
  • Envergure
    : 103 à 116 cm.
  • Poids
    : 254 à 455 g
Distribution

Distribution

Description identification

Ce chasseur de moyenne taille a la même silhouette que le Busard Saint-Martin, mais il en diffère quelque peu par ses longues ailes, ses longs pieds et sa longue queue. Les sexes ont un plumage dissemblable, mais les femelles ne sont environ que 10% plus grandes et plus lourdes. Les juvéniles sont distincts des adultes et ils n'atteignent leur plumage définitif respectif qu'après une mue complète.

Le mâle adulte a une tête, une poitrine, un haut du corps, de moyennes couvertures et des primaires entièrement noirs. Les petites couvertures sont grisâtres avec des liserés blancs. Le croupion blanc est finement barré de gris. L'abdomen et les cuisses sont uniformément blancs. Le reste des ailes et la queue sont gris argenté pâle. La femelle présente un dessus brun avec de stries crème ou blanc roussâtre sur la face, la tête et le cou ainsi que sur les petites couvertures. Le dos et le moyennes couvertures affichent une couleur plus unie, tandis que les grandes couvertures et les secondaires sont gris brunâtre avec des bandes subterminales sombres et quelques bordures rousses. Les sus-caudales sont blanches avec divers ornements bruns. La queue est gris brunâtre avec une bande subterminale sombre et au moins quatre autres bandes. Les parties inférieures sont couleur crème ou blanc roussâtre avec une abondance de stries brun-rouge qui vont de la gorge jusqu'en haut de la poitrine. Le ventre, les cuisses et la zone anale sont moins striés.
Les juvéniles ont un dessus brun sombre vaguement bordé de cannelle ou de roux. Les grandes couvertures et les rémiges semblent brun sombre uni. Les barres noires de la queue ne sont visibles qu'à faible distance. Le dessous est entièrement roux-cannelle mais avec de discrètes stries noires et chamois.
L'adulte mâle a des yeux jaunes, la femelle des yeux bruns virant au jaune avec l'âge. La cire est jaune ou verdâtre. Les mâles ont des pattes jaune-orange, alors que chez les femelles, elles sont jaunâtre pâle. Les juvéniles ont des pattes jaune terne.

Indications subspécifiques espèce monotypique

Noms étrangers

  • Pied Harrier,
  • Aguilucho Pío,
  • Tartaranhão pio,
  • Elsterweihe,
  • tarka rétihéja,
  • Bonte Kiekendief,
  • Albanella bianconera,
  • Svartvit kärrhök,
  • Praktkjerrhauk,
  • kaňa strakatá,
  • moták černobílý,
  • Broget Kærhøg,
  • huppusuohaukka,
  • arpella d'espatlles blanques,
  • błotniak czarnogłowy,
  • sēmā lija,
  • Пегий лунь,
  • Elang-rawa tangling,
  • マダラチュウヒ,
  • 鹊鹞,
  • เหยี่ยวด่างดำขาว,
  • 花澤鵟〔鵲鷂〕,

Voix chant et cris

Exepté quand il est inquiet et qu'il émet quelques faibles "wek-wek-wek", ce busard est généralement silencieux en dehors de la période de reproduction. Lorsqu'il parade, le mâle délivre à répétition un "kiiy-weee" qui ressemble au cri du Vanneau huppé (Vanellus vanellus). La femelle produit un "kee-kee-kee" rapide. Lorsqu'elle est dérangée au nid avec un ou plusieurs petits, elle émet un "chak-chak-chak-chak-chak-chak" qui rappelle celui de la Pie bavarde (Pica pica).

Habitat

Les busards tchougs fréquentent les contrées plus ou moins ouvertes. Leur habitat varie des steppes arides ou des prairies luxuriantes jusqu'aux broussailles marécageuses de bouleaux. Cependant, ils affichent une nette préférence pour les zones humides telles que les rives des lacs, les prairies qui bordent les rivières ou les marais avec des roselières et des jonchaies. Pendant la période hivernale, ils occupent les prairies, les terres cultivées et les collines ouvertes. Ils apprécient surtout les rizières, les marécages et les lieux plantés de roseaux. Les busards tchougs vivent du niveau de la mer jusqu'à 2100 mètres. Ils ne nichent jamais au-dessus de 1500 mètres.

Comportement traits de caractère

Les busards tchougs vivent souvent en solitaire. Cependant, ils forment des rassemblements lâches le soir quand ils vont dormir, parfois en compagnie d'autres espèces de busards. En d'autres occasions, ils sont également grégaires : lorsqu'ils trouvent des endroits qui sont riches en ressources alimentaires ou pendant la migration. A l'instar des autres busards, ils effectuent des parades aériennes au cours desquelles ils pratiquent le vol circulaire en solitaire ou en couple. Le mâle accomplit également des plongeons vertigineux en direction de sa partenaire tout en poussant des cris puissants. Il réalise aussi un vol ondulatoire en forme de montagnes russes. Ces parades ont lieu principalement tout au début du cycle de reproduction. A ce stade, il n'est pas rare que le mâle pratique des offrandes rituelles de nourriture.

Pratiquement tous les busards tchougs sont migrateurs. Ils se déplacent vers le sud en septembre-octobre et ils ne reviennent vers le nord qu'entre le mois de mars et le mois de mai. Cependant, les années où il y a prolifération de musaraignes, certains oiseaux restent dans le sud de l'Oussouriland et le nord-est de la Chine pour y hiverner. Les années normales, les busards tchougs migrent dans le sud-est de l'Asie, en Birmanie, dans les différents pays de l'Indochine, dans la péninsule malaise et des Philipines jusqu'aux Sulus et au nord de Bornéo. Certains oiseaux se dirigent vers l'ouest jusqu'au Bangladesh, au nord-est de l'Inde et même jusqu'au Tamil Nadu et au Sri Lanka.

Alimentation mode et régime

Le régime varie beaucoup selon la saison, la région et selon les individus. Toutefois, classées dans l'ordre d'importance, les proies suivantes ont été répertoriées : petits mammifères (en particulier les musaraignes), grenouilles, insectes de grande taille (c'est à dire sauterelles et coléoptères), petits oisillons, lézards, petits passereaux blessés ou malades, serpents et poissons. Occasionnellement, les charognes sont également admises au menu. Les méthodes de chasse sont celles qui sont utilisées traditionnellement par les autres busards. Comme les autres espèces du genre Circus, les busards tchougs volent en effet à faible hauteur au-dessus du sol et ils plongent à terre pour capturer leurs proies.

Reproduction nidification

En Mandchourie et en Corée, la saison de nidification se déroule de la mi-mai jusqu'au mois d'août. En Assam et en Birmanie, elle commence probablement dès le mois d'avril. Le nid est une sorte de coussinet de forme plate construit avec des herbes, des roseaux et d'autres plantes locales. Il mesure 40 à 50 centimètres de diamètre. Il est placé sur le sol dans une région sèche ou plus habituellement dans un endroit humide ou marécageux au milieu de roseaux, de joncs, de hautes herbes ou de broussailles basses. La ponte comprend 4 ou 5 œufs qui sont couvés pendant environ 30 jours. Les oisillons sont nidicoles et ils ne quittent le lieu de leur naissance qu'au bout d'un mois ou légèrement plus après l'éclosion.

Distribution

Les busards tchougs nichent dans le centre-est de l'Asie : Sibérie Orientale de la Transbaïkhalie jusqu'aux vallées de l'Amour et de l'Oussouri, nord-est de la Mongolie, nord de la Chine et Nord-Corée. Curieusement, certains oiseaux nichent ou ont niché également dans le nord-est de l'Inde (Assam) et le nord de la Birmanie. Les busards tchougs hivernent dans le sud-est du continent (voir détails plus bas dans la rubrique "comportements"). L'espèce est monotypique.

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

Les busards tchougs possèdent une aire de nidification qui est estimée entre 1,2 et 1,6 millions de kilomètres carrés. Dans les habitats qui leur conviennent particulièrement, les nids ne sont pas distants de plus d'un kilomètre les uns des autres, ce qui représente une densité à peu près semblable à celle du Busard cendré (Circus pugargus) qui est son plus proche parent. Plus de 14000 oiseaux ont été recensés lors du passage le long des côtes de la Chine pendant la migration d'automne, ce mouvement contenant cependant de nombreux juvéniles. On en conclut que le population globale peut être estimée à plusieurs dizaines de milliers d'oiseaux. Comme la plupart des autres busards, cette espèce est vraisemblablement en déclin à cause du drainage des terres et de leur conversion en surfaces agricoles. Néanmoins, elle est classée comme ne posant pas de probème majeur.

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 08/05/2011 par Daniel Le-Dantec © 1996-2017 Oiseaux.net