Grand-duc de Verreaux

Bubo lacteus - Verreaux's Eagle-Owl

Grand-duc de Verreaux
adulte
Systématique
  • Ordre
    :

    Strigiformes

  • Famille
    :

    Strigidés

  • Genre
    :

    Bubo

  • Espèce
    :

    lacteus

Descripteur

Temminck, 1820

Biométrie
  • Taille
    : 65 cm
  • Envergure
    : 140 cm.
  • Poids
    : 1615 à 3115 g
Longévité

12 ans

Distribution

Distribution

Description identification

Le Grand-duc de Verreaux est le plus grand rapace nocturne d'Afrique. Son nom vient de l'ornithologue Français Jules Verreaux (1807-1873) qui a été très tôt attiré par les oiseaux et les animaux, son père étant taxidermiste. Ce rapace nocturne se classe à la 3ème place des rapaces nocturnes dans le Monde, derrière le Kétoupa de Blakiston en Asie et le Grand-duc d'Europe. Rapace imposant, la femelle peut peser jusqu'à 3,100 kg alors que le mâle ne pèsera qu'environ 2 kg, le sexe fort n'est pas toujours celui qu'on croit ! Une fois repéré il est reconnaissable à ses oreilles prolongées de deux plumets plus ou moins longs suivant les individus. La tête montre un net cercle facial noir, légèrement bordé de blanc, ce cercle englobe tout le visage qui est blanc "laiteux" pour descendre jusqu'au bec de couleur blanc grisâtre et marquer le bord supérieur des yeux. De fins poils noirs forment une moustache de part et d'autre du bec. Mais la marque distinctive du Grand-duc de Verreaux est la couleur rose de ses paupières, qu'il ne montre pas toujours, au-dessus d'immenses yeux noirs. Le front est gris clair ou blanc laiteux (Bubo lacteus !) légèrement strié de bandes foncées horizontales, le cou, la poitrine et le ventre, de même couleur présentent les mêmes stries. Le manteau et le dos sont brun-gris clair avec des nuances blanches. Des bandes blanches verticales marquent les ailes, notamment à la lisière des scapulaires et des moyennes couvertures alaires, le même type de bandes blanches plus petites marquant les rémiges tertiaires. En général les extrémités des couvertures sont également blanches, même si ces marques peuvent être absentes chez certains individus. En vol les couvertures supérieures sont blanchâtres avec des marques grises tandis que les rémiges sont grises, séparées les unes des autres d'un trait blanc ; vu de dessous les couvertures sont pratiquement blanches, des rayures grises barrent les extrémités. Les jeunes ont un plumage plus clair qui tire plus sur le brun, les "touffes" d'oreilles n'apparaissent presque pas et le disque facial est moins marqué.
En général, l'oiseau montre peu ses pattes souvent masquées par les plumes du bas-ventre, lorsque le Grand-duc de Verreaux se dresse, on voit des serres puissantes et des tarses épais visiblement musclés.

Indications subspécifiques espèce monotypique

Noms étrangers

  • Verreaux's Eagle-Owl,
  • Búho Lechoso,
  • Bufo-leitoso,
  • Blaßuhu,
  • Verreaux-uhu,
  • Verreaux Oehoe,
  • Gufo reale di Verreaux,
  • Mjölkuv,
  • Gråhubro,
  • výr belavý,
  • výr bělavý,
  • Savannehornugle,
  • savannihuuhkaja,
  • Reuse-ooruil,
  • duc lletós,
  • puchacz mleczny,
  • Бледный филин,
  • クロワシミミズク,
  • 黄雕鸮,
  • 乳黃色鵰鴞,

Voix chant et cris

Le Grand-duc de Verreaux n'a pas vraiment de chant, il "grogne", en poussant des "gwook, gwook" à intervalle régulier, il émet également des gémissements aigus que l'on entend de loin. Lorsque la femelle couve son ou ses petits, elle émet avec la couvée des cris stridents pour appeler le mâle et réclamer la nourriture.

Habitat

Il aime les savanes parsemées d'épineux, les forêts aérées qui vont lui permettre de se percher sur de grands arbres et qui pourront abriter son nid. Il évitera les forêts trop denses, qui le gêneront dans son vol. Proche des rivières et des marais. On estime qu'il lui faut environ 7 000 ha pour être à son aise.

Comportement traits de caractère

Pratiquement toujours sédentaire, reste en couple. La durée de vie du Grand-duc de Verreaux est d'environ 15 ans en captivité, certainement un peu moins en liberté.

Alimentation mode et régime

Les Anglo-Saxons identifient le Grand-duc de Verreaux comme un "Apex predator", c'est-à-dire le prédateur qui est au sommet de la chaîne alimentaire de son territoire. Il va chasser tous les types de proies : les reptiles, les insectes, les mammifères de taille petite ou moyenne, tous les rongeurs, mangoustes, singes, très doué pour les hérissons qu'il sait peler ! On l'a vu attaquer de petits phacochères ! Tous les oiseaux sont des proies potentielles en vol ou au sol : passereaux, anatidés, ardéidés, les autres rapaces plus petits ou les serpentaires. Son régime varié en fait un pêcheur lorsqu'il est près des points d'eau. Ses périodes de chasse étant le crépuscule et la nuit, ses seuls concurrents ailés, les grands aigles comme l'Aigle martial ou l'Aigle couronné, ne rentrent pas en concurrence puisque diurnes.

Reproduction nidification

De mars à septembre et surtout de juin à août en Afrique de l'Est, plutôt de janvier à mars en Afrique de l'Ouest. Il va souvent utiliser d'anciens nids d'autres oiseaux : aigles, vautours, serpentaires ou Ombrettes africaines, des observations ont été faites dans des nids de tisserins ! Peut utiliser des trous dans de grands arbres. Si le couple se plaît, il reviendra aux mêmes emplacements à chaque période de reproduction. Un à deux œufs sont couvés par la femelle et la période d'incubation est de 32 à 39 jours ; l'éclosion des poussins peut se produire avec 7 jours d'intervalle, l'élevage des deux oisillons est cruel, souvent le plus jeune meurt de faim ou est tué par l'aîné. La mère couve littéralement le petit pendant une vingtaine de jours, le mâle apportant continuellement la nourriture à sa compagne qui va déchiqueter les proies et nourrir son ou ses petits. Les jeunes sont prêts à quitter le nid au bout d'un soixantaine de jours, mais ils attendront encore 2 semaines avant d'apprendre à voler ; ils resteront inactifs environ 3 mois dépendant complètement de leurs parents pour la nourriture. Les jeunes semblent se plaire en famille, ils peuvent rester 2 ans à proximité du couple et de son nid ! Des observations ont révélé que les "adolescents" aident les parents à nourrir une seconde ou une troisième couvée. La fréquence de reproduction est mal connue mais dépend probablement de l'abondance de proies, la maturité sexuelle arrive entre 3 et 4 ans.

Distribution

On le trouve plus particulièrement en Afrique de l'Est : Botswana, Kenya, Namibie, Tanzanie, Zambie, Zimbabwe, plus au nord observé en Somalie et Éthiopie, quelques individus disséminés en Afrique du Sud, d'autres au Lesotho où il a peut-être récemment disparu. Ce rapace reste présent en Afrique de l'Ouest, mais de façon disparate : Sénégal, Gambie, Cameroun, Sierra Leone, mais ces populations voient leurs territoires diminuer.

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

LC.CITES II. Globalement, ne semble pas en danger, mais sa situation semble différente d'un pays à l'autre. En Afrique de l'Ouest, au Sénégal et en Gambie, il semble à peu près protégé et prospère normalement. Mais la situation est plus délicate en Sierra Leone, Liberia, Ghana où il n'est pas considéré ou "respecté", il n'y a qu'à regarder la photo prise sur le marché de Bamako au Mali sur les photos du site ! Par contre, les réserves nationales ou privées d'Afrique de l'Est : Botswana, Kenya, Tanzanie, Zambie ou Zimbabwe lui donnent les vastes territoires dont il a besoin. L'homme doit prêter attention au plus grand rapace nocturne d'Afrique qui est un joyau de la faune et de l'univers ornithologique pour qu'il ne tombe pas en statut plus critique.

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 20/04/2013 par Anne et Gabriel Leboff © 1996-2017 Oiseaux.net