Hirondelle de fenêtre

Delichon urbicum - Common House Martin

Systématique
  • Ordre
    :

    Passériformes

  • Famille
    :

    Hirundinidés

  • Genre
    :

    Delichon

  • Espèce
    :

    urbicum

Descripteur

Linnaeus, 1758

Biométrie
  • Taille
    : 14 cm
  • Envergure
    : 26 à 29 cm.
  • Poids
    : 15 à 21 g
Longévité

15 ans

Distribution

Distribution

Description identification

L'Hirondelle de fenêtre est une petite hirondelle appartenant au genre Delichon, sensiblement différent du genre Hirundo auquel appartient l'Hirondelle rustique. Comme ces deux espèces cohabitent volontiers sur une grande partie de leur aire, nous pourrons les comparer sur certains points le cas échéant.
L'Hirondelle de fenêtre est plus petite et bicolore. Vue de dessus, elle paraît noire avec le croupion blanc bien visible. À bonne lumière chez l'adulte, ce noir présente des reflets bleutés comme chez la rustique. Les ailes et la queue sont d'un brun noirâtre sans reflets. Tout le dessous du corps est blanc, y compris les sous-alaires, la limite noir/blanc passant juste sous l'œil sombre. La queue est nettement fourchue, mais sans filets. Les toutes petites pattes sont étroitement emplumées de blanc.
Le juvénile est plus terne, plus brun, avec beaucoup moins de reflets bleutés. Une confusion est possible de loin avec l'Hirondelle de rivage si on ne voit pas le croupion blanc.
Il y a une différence clinale dans la taille des oiseaux qui décroît du nord vers le sud.
Trois sous-espèces sont actuellement décrites, dont la ssp type "urbicum" qui occupe la plus grande partie de l'Europe. Elles ne diffèrent que par des détails de plumage et de mensurations. Ainsi les oiseaux de la ssp orientale "lagopodum" ont un croupion un peu plus largement blanc.

Indications subspécifiques 3 Sous-espèces

  • Delichon urbicum urbicum (w, c and n Europe to w Siberia)
  • Delichon urbicum meridionale (n Africa and s Europe to sc Asia)
  • Delichon urbicum lagopodum (e Asia)

Noms étrangers

  • Common House Martin,
  • Avión Común,
  • Andorinha-dos-beirais,
  • Mehlschwalbe,
  • Molnárfecske,
  • Huiszwaluw,
  • Balestruccio eurasiatico,
  • Hussvala,
  • Taksvale,
  • belorítka obyčajná,
  • jiřička obecná,
  • Bysvale,
  • räystäspääsky,
  • Huisswael,
  • oreneta cuablanca comuna,
  • Bæjasvala,
  • oknówka (zwyczajna),
  • mājas čurkste,
  • mestna lastovka,
  • Воронок,
  • ニシイワツバメ,
  • 白腹毛脚燕,
  • นกนางแอ่นมาตินพันธุ์ไซบีเร,
  • 白腹毛腳燕〔西方毛腳燕〕,

Voix chant et cris

Le cri habituel est un "prrri" roulé de tonalité basse, très caractéristique. L'oiseau n'en est pas avare. Le cri d'alarme est un "tsiu" étiré et souvent répété. Le chant, émis près du nid, est un babil prolongé qui n'est pas sans rappeler celui de l'Hirondelle rustique, mais en moins sonore et sans les syllabes rêches.

Habitat

L'Hirondelle de fenêtre est une espèce rupestre, nichant à l'origine sous les surplombs rocheux des falaises. Comme la rustique, elle s'est adaptée aux bâtiments et autres constructions comme les ponts, mais continue de nicher localement en sites naturels. Contrairement à la rustique qui niche dans des endroits confinés, elle a besoin d'un accès direct au milieu aérien. C'est la raison pour laquelle, en milieu anthropique, ses nids sont toujours à l'extérieur des bâtiments. Le plus souvent, ce sont les avant-toits, les corniches, les embrasures de fenêtre, qui abritent son nid. Cela lui permet d'être une véritable citadine et de nicher jusqu'au cœur des villes, tandis que la rustique est nettement une rurale. Du fait de son adaptation originelle aux falaises, elle est également plus montagnarde que l'autre espèce.
Elle présente une plus grande adaptation au milieu aérien que la rustique. Elle chasse ce qu'on appelle le plancton aérien, c'est à dire la petite entomofaune volante qui occupe l'espace aérien jusqu'à des hauteurs de plus de 50 mètres. C'est la raison pour laquelle on la voit le plus souvent évoluer assez haut dans le ciel, ce qui lui permet de chasser aussi bien au-dessus de la ville que de la forêt, d'un plan d'eau ou de la campagne agricole. Elle n'a pas la contrainte de la rustique qui chasse plutôt en milieu ouvert des insectes plus gros et plus près du sol. De ce point de vue, elle est plus proche du Martinet noir par exemple.
Comme les autres espèces, elle est amenée à fréquenter
les plans d'eau, plus riches en insectes, lors des épisodes pluvieux et froids, particulièrement au printemps.

Comportement traits de caractère

Hirondelle de fenêtre
adulte nuptial

L'Hirondelle de fenêtre est une espèce grégaire et sociable, nichant en colonies souvent populeuses. Le caractère sociable peut se juger à la proximité des nids qui sont souvent contigus dans une colonie et peuvent même se chevaucher, et aussi au regroupement des individus dans les nids pour la nuit. On a noté que plus d'une dizaine d'hirondelles de taille adulte, on a cité le chiffre de 13, pouvaient se grouper la nuit dans un seul nid. Envers de la médaille, à l'automne 1974, des intempéries prolongées ont causé la mort de milliers d'hirondelles entassées dans les nids, les morts de l'entrée empêchant les autres de s'échapper. On pouvait alors sortir de chaque nid plus d'une dizaine de cadavres.
Grégaire, elle l'est également lorsqu'elle s'alimente. C'est toujours en groupes qu'on les voit cercler haut dans le ciel au-dessus des colonies, et revenir ensemble nourrir les jeunes au nid.
Comme toute hirondelle, elle répugne à se poser au sol, ne le faisant que pour récupérer la boue avec laquelle elle construit son nid. Elle ne se pose pas volontiers dans la végétation et ignore les roselières prisées comme dortoirs par ses consœurs rustique et de rivage. En revanche, elle aime beaucoup se poser sur les fils aériens, plus adaptés à la préhension par ses petites pattes.
C'est une migratrice transsaharienne. Allant globalement plus loin en hiver que la rustique, elle revient naturellement un peu plus tard qu'elle de migration. C'est en général dans la seconde décade d'avril qu'arrivent les premiers contingents importants de migrateurs en Europe moyenne, en mai pour les contrées d'altitude ou les latitudes élevées. Le départ en migration postnuptiale intervient en moyenne vers la mi-septembre.
La nidification de l'espèce en milieu urbain n'est pas sans poser problème. En effet, la construction du nid sous un toit d'habitation et l'élevage des jeunes qui suit provoquent des salissures de boue puis de fientes sur la façade et au sol à l'aplomb du nid. Certains propriétaires s'en accommodent mais d'autres voient ça d'un mauvais œil et sont tentés de détruire le nid, voire toute la colonie, malgré l'interdiction légale et la protection dont jouit l'espèce. D'où des conflits assez fréquents avec les associations de protection.
Les groupes d'hirondelles au-dessus des villages ne sont pas sans attirer l'attention des prédateurs, tout particulièrement du Faucon hobereau dont les attaques foudroyantes sont spectaculaires. À la vue du faucon, les hirondelles se groupent pour faire bloc et poussent des "tsiu" d'alarme. C'est souvent à ce comportement qu'on est prévenu de l'arrivée du prédateur. L'Épervier d'Europe, plus sournois, produit le même effet.
Le vol : Le vol de l'Hirondelle de fenêtre est différent de celui des autres hirondelles. La silhouette de l'oiseau et sa façon de voler évoquent plus un Martinet noir miniature. Le vol migratoire est aussi direct que celui de la rustique mais les battements sont plus rapides. C'est en chasse qu'on note mieux la différence. Le vol est plus lent et saccadé et la fréquence des battements peut augmenter rapidement lors de la poursuite d'une proie. Le vol dénote une plus grande aisance dans l'exploitation du milieu aérien.
On soupçonne l'Hirondelle de fenêtre de pratiquer en hivernage le vol permanent à la façon des martinets, les oiseaux se reposant tout en continuant à voler.

Alimentation mode et régime

L'Hirondelle de fenêtre, comme la rustique et toutes les autres hirondelles, est une insectivore stricte. Nous avons déjà dit plus haut ce qui la différencie de la rustique. Les insectes capturés sont de petits insectes volants. 3 taxons arrivent en tête des captures, avec des variations suivant les pays. Ce sont les Diptères, les Hémiptères et les Homoptères, mais la liste des taxons concernés à moindre titre est longue.

Reproduction nidification

L'Hirondelle de fenêtre est cavernicole et construit elle-même sa cavité de nidification. Ce nid, qui a la forme d'un quart de sphère, ou d'un demi-hémisphère, est fait de boue séchée. Il est toujours placé immédiatement sous un surplomb, que celui-ci soit une strate rocheuse en conditions naturelles, un avant-toit, un balcon, un rebord de fenêtre, voire comme on l'a observé récemment un lampadaire. La condition est que le nid ait une protection supérieure. L'accès se fait par un orifice adapté à la taille de l'oiseau et situé dans la partie haute. Son exiguïté facilite la défense du domicile et a pour but d'empêcher d'autres passereaux de s'y introduire.
Le nid est maçonné par les adultes avec des boulettes de boue prélevées au bord de l'eau. Ils recueillent de préférence la terre des turricules que les vers de terre rejettent car elle donne un matériau plus solide au séchage. Comme on ne la trouve en assez grande quantité que par temps humide, les hirondelles s'empressent de profiter de cette circonstance quand elle survient. Pendant que le mâle apporte les matériaux, la femelle donne au nid sa forme et sa consistance. Les boulettes de boue sont mélangées à de la salive, donnant ainsi un ciment qui ne se craquèle pas au séchage. Le nid est ensuite garni de fibres végétales ainsi que d'une grande quantité de plumes. Un tel nid est pérenne et peut être réoccupé de nombreuses années.
La ponte a lieu à partir de début mai. La femelle pond de 3 à 5 œufs blancs que les deux parents couvent pendant 14 jours environ. Les poussins restent au nid pendant trois semaines, parfois quelques jours de plus si nécessaire.
Les parents veillent à leur progéniture jusqu'à l'émancipation complète. La famille se retrouve au complet chaque soir au nid. Heureusement, il est solide ! On a trouvé jusqu'à 13 oiseaux ensemble dans le nid, ce qui suggère que de jeunes oiseaux de la colonie ou même des étrangers de passage puissent se réfugier pour la nuit dans un nid qui n'est pas le leur. Les parents semblent tolérants.
Exceptionnellement, il peut y avoir une seconde nichée.
Cette hirondelle est en compétition permanente avec le Moineau domestique pour l'occupation des nids, et comme ce dernier est résident, l'hirondelle peut trouver son nid occupé à son retour de migration. L'intégrité physique du nid, en particulier de son orifice d'entrée, est la meilleure parade à son occupation par le moineau.

Distribution

L'Hirondelle de fenêtre est une espèce eurasiatique dont l'aire de reproduction s'étend de l'Atlantique au Pacifique en une large bande allant des zones à climat de type méditerranéen au sud aux contrées sub-arctiques au nord. Elle délaisse de part et d'autre les zones arctiques et sub-tropicales.
La limite sud de l'aire passe par le Maghreb, l'Iran et la Mongolie. Trois sous-espèces se partagent cette vaste aire. La ssp type "urbicum" occupe l'Europe, moyenne et du nord, et la Sibérie occidentale ; "meridionale" se trouve au Maghreb, dans le sud de l'Europe, en Asie mineure, en Iran et dans le sud de l'Asie centrale ; enfin "lagopodum" habite la Mongolie, le nord-est de la Chine et la Sibérie centrale et orientale.
L'aire d'hivernage est entièrement disjointe. Les deux premières sous-espèces types hivernent essentiellement en Afrique sub-saharienne jusqu'au sud du continent et un peu au sud de la mer Rouge et autour du golfe Persique, les oiseaux les plus orientaux gagnant le sud-ouest de l'Inde. Ceux de la ssp "lagopodum" hivernent en Asie du Sud-Est.

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

L'Hirondelle de fenêtre n'est globalement pas menacée. Elle reste nombreuse sur une grande partie de son aire. Cependant, elle connaît un déclin certain en Europe de l'Ouest depuis la seconde moitié du 20e siècle. On cite des chiffres pouvant atteindre des niveaux inquiétants, par exemple -75 % à Bruxelles en 10 ans. Et ce déclin semble s'accélérer au début du 21e siècle, particulièrement en France. L'espèce se raréfie dans nos campagnes et est en train de disparaître de certaines villes.
Plusieurs facteurs négatifs peuvent être invoqués pour expliquer cette raréfaction, atlantisation du climat donnant des printemps humides et froids rendant difficile l'alimentation des jeunes, diminution globale de l'entomofaune volante du fait d'une utilisation abusive de pesticides au sol mais aussi des étés plus chauds et secs gênant les émergences d'insectes, de la rénovation des bâtiments avec destruction volontaire des nids malgré la loi qui les protège, aléas climatiques sur les voies de migration comme le sécheresse endémique au Sahel, etc.
Il faut faire un effort pour que les hirondelles soient mieux protégées sur les lieux de reproduction. C'est le seul levier sur lequel on puisse agir facilement. Toute destruction de colonie devrait être évitée en période de reproduction. Et si la destruction s'avère nécessaire, par exemple lors de la rénovation d'un bâtiment, l'opération devrait être accompagnée de mesures compensatoires comme la pose de nids artificiels au même endroit ou à proximité immédiate de façon à ce que les adultes ne soient pas complètement pris au dépourvu à leur retour de migration.

Références utilisées

Autres références utiles

QRcode Hirondelle de fenêtreFiche créée le 25/01/2018 par Jean François © 1996-2018 Oiseaux.net